Mondial-2026: le Portugal en pleine telenovela Cristiano Ronaldo
Mal rentré dans le Mondial-2026, le Portugal traîne comme un boulet l'incessant débat autour de Cristiano Ronaldo, monument du football en péril, un feuilleton qui connaît un nouvel épisode mardi (17h00 GMT) à Houston contre l'Ouzbékistan.
Entre l'édition 2022 au Qatar et celle aux Etats-Unis, beaucoup de temps s'est écoulé mais la question demeure: la légende "CR7", à 41 ans, mérite-t-elle encore sa place dans la Seleçao?
Le sélectionneur Roberto Martinez répond "oui" et il l'a même fait jouer toute la rencontre inaugurale contre la République démocratique du Congo (1-1), malgré une influence dans le jeu proche de zéro.
Les supporters se déchirent sur le sort de l'icone nationale aux 143 buts en 229 capes internationales, exilée depuis 2023 dans le riche mais peu réputé championnat saoudien, et cela devient le thème central de chaque conférence de presse dans le camp de base portugais.
Autrement dit, c'est un débat inflammable et incessant que ses partenaires sont chargés de contenir du mieux qu'ils le peuvent.
"Tout ce qui touche à ce sujet m'est complètement indifférent (...) car pour moi et pour nous, ce n'est pas un sujet. Nous sommes tous ensemble à la poursuite d'un rêve", a par exemple tenté d'évacuer Ruben Dias.
Bien sûr, du fait de son pedigree, "+Cris+ attire beaucoup l'attention, mais je pense que nous sommes tous remis en question dans un moment comme celui-ci", a ajouté le défenseur central de Manchester City, en référence à la contre-performance face aux Léopards. "Il y a beaucoup de spéculations et, lorsque les résultats ne sont pas ceux que nous souhaitons, c'est normal que ces spéculations s'intensifient, mais cela n'affecte pas notre confiance".
- "Il freine le Portugal" -
Francisco Conceiçao a lui oscillé entre compliments à l'égard de son aîné, "un exemple de leadership et par les buts qu'il marque", et émancipation revendiquée: "nous ne ressentons pas le besoin de lui passer le ballon", a assuré l'ailier de la Juventus. "Je fais la passe à celui qui, selon moi, est le mieux placé et démarqué".
Cristiano Ronaldo est pourtant accusé par les observateurs de phagocyter le jeu du Portugal, une équipe bourrée de talents devant et qui se prive par exemple de l'avant-centre du PSG Gonçalo Ramos, cantonné au banc.
"En continuant d'occuper un poste qu'il ne peut plus justifier par ses performances, il freine le Portugal et nuit à l'image qu'il a passée sa carrière à construire", a écrit le journaliste portugais Miguel Dantas dans une chronique publiée lundi par le journal britannique The Guardian.
Martinez s'obstinera-t-il à titulariser son capitaine en délicatesse?
La modeste opposition proposée par l'Ouzbékistan, une équipe débutante en Coupe du monde, pourrait tomber à pic pour relancer la machine Ronaldo, cependant.
Les Loups blancs dirigés par l'Italien Fabio Cannavaro, champion du monde et Ballon d'or en 2006, se sont inclinés 3-1 pour leur entrée en lice dans e groupe K contre la Colombie.
Ils tenteront de déjouer les pronostics avec un bloc bas potentiellement frustrant pour les attaquants portugais, en misant sur la vitesse et la robustesse de leur jeune défenseur vedette, Abdukodir Khusanov (22 ans) de Manchester City.
"En général, les gens pensent qu'un joueur avec une telle puissance physique et une telle vitesse n'est pas capable de réfléchir. Avec lui, c'est complètement l'inverse, il prend toujours les bonnes décisions", l'avait compliqué Pep Guardiola, son entraîneur d'alors, en février.
L'ancien Lensois devra le prouver mardi contre Ronaldo, Ramos ou un autre.
A.Galli--MJ