NBA: Victor Wembanyama, la tête dans les étoiles
Le phénomène du basket Victor Wembanyama, engagé avec les Spurs en finale de la conférence Ouest de la NBA, se passionne de longue date pour l'astrophysique et les mystères de l'univers, qui répondent à son ambition sans limite sur les parquets.
Perché à 2,24 m, Wembanyama contemple les étoiles d'un peu plus près que le commun des mortels. Le géant français des San Antonio Spurs, nouvelle star de la NBA au potentiel démesuré, a toujours eu son regard curieux tourné vers l'infiniment grand.
A l'âge de dix ans, l'enfant né au Chesnay (Yvelines) le 4 janvier 2004 consacre plusieurs semaines à la construction d'un vaisseau Star Wars en Lego.
Rapidement, il dépasse la référence pop culture pour se plonger dans la cosmologie. Adolescent, le basketteur surdoué et surclassé devise avec ses coéquipiers adultes de matière noire.
Il présente cet élément théorique mais essentiel du cosmos à des écoliers lors d'une visite du Planetarium de San Antonio, avant de recevoir son trophée de rookie de l'année, le sacrant meilleur débutant de la NBA au printemps 2024, un an après sa draft en première position.
Il en donne dans la foulée, en anglais, sa définition en conférence de presse: "une masse que l'on ne peut observer mais dont nous connaissons l'existence parce qu'elle a une influence sur les forces gravitationnelles et la vitesse des orbites gravitationnelles dans chaque galaxie", décrit le meilleur défenseur de la saison 2025-2026.
- "L'alien" visite la Nasa -
La précision et l'effort pédagogique sont salués par plusieurs experts, dont le jeune Français Allan Petre, qui a travaillé deux ans au Jet Propulsion Laboratory de la Nasa à Pasadena (nord-est de Los Angeles).
"Sa réponse est parfaite. Il creuse, il veut comprendre, se pose des questions", apprécie auprès de l'AFP l'ingénieur aérospatial de 27 ans, qui a pu deviser avec la star du basket lors d'un évènement lié aux échecs.
Le sujet de la cosmologie poursuit Wembanyama jusqu'à son surnom, "l'alien", trouvé avant son arrivée en NBA par LeBron James en personne, épaté par ce cocktail "jamais vu" d'agilité et de technique pour sa taille.
Ralenti par une thrombose veineuse en février 2025, Wemby profite de l'été pour visiter le centre spatial Johnson à Houston, dédié aux missions habitées dans l'espace.
Le Français y découvre les répliques des véhicules spatiaux consacrées aux entraînements des astronautes, de certaines pièces de la Station spatiale internationale (ISS) ou encore du vaisseau Orion, qui vient de faire le tour de la Lune avec la mission Artémis II.
Comme de tradition pour les visiteurs VIP, Wembanyama appose sa griffe sur l'écoutille d'entraînement, s'amuse de la petite taille du vaisseau russe Soyouz et roule à bord d'un rover lunaire. Dans le bâtiment 30 de contrôle des missions, il parle avec l'équipe de l'expédition 73, qui a bricolé pour l'occasion un ballon de basket et s'amuse à dunker en apesanteur.
- "L'univers me parle" -
Avant de partir visiter l'entreprise aérospatiale Axiom, le phénomène rencontre la spationaute française Sophie Adenot, qui a depuis rejoint l'ISS en février pour une mission de neuf mois,
"Il était enthousiaste, passionné et très heureux", se souvient Jasmine Nehilla, qui s'occupait des relations de l'agence spatiale avec les célébrités, avant de bifurquer vers le département communication.
Wembanyama enregistre lors de son passage un message qui sera diffusé au départ d'Artémis II: "A vous qui visez la Lune, je vous souhaite bonne chance!"
En début de saison, il évoque son plaisir d'avoir "rencontré des astronautes", dont Peggy Whitson qui a séjourné à quatre reprises à bord de l'ISS, et "découvert des machines et des vaisseaux incroyables".
"La Nasa porte cet état d'esprit, être capable de réussir l'inimaginable", apprécie le troisième au classement du MVP 2026, qui peut "sans aucun doute dresser un parallèle" avec sa carrière de basketteur.
Mû par sa volonté d'atteindre les sommets du basket, Wembanyama assure à Ouest-France en 2023 que "l'univers (lui) parle", avec "des intuitions, des rêves", comme celui de finir aux Spurs, "c'est un peu mystique".
"J'ai un feu tellement fort à l'intérieur de moi, que je n'ai pas le droit de douter (...) L'univers me parle de temps en temps et je sais où il m'amène."
A.Galli--MJ