CAN: après les incidents de la finale, le Sénégal déchu de son titre qui échoit au Maroc
Le jury d'appel de la Confédération africaine de football a retiré, deux mois après une finale chaotique, le titre gagné par le Sénégal en Coupe d'Afrique des nations pour l'attribuer au Maroc, une décision "inique", a dénoncé la fédération sénégalaise qui va faire appel.
Dans un communiqué transmis mardi, l'instance, saisie par la Fédération marocaine, a annoncé avoir décidé de "déclarer l'équipe nationale du Sénégal forfait lors de la finale", pourtant remportée 1-0 (après prolongation) par les Lions de la Teranga, "le résultat étant homologué sur le score de 3-0" en faveur du Maroc.
La fédération sénégalaise a dénoncé "une décision inique, sans précédent et inacceptable qui jette le discrédit sur le football africain", et indiqué qu'elle engagerait, "une procédure d'appel devant le Tribunal arbitral du sport" à Lausanne, en Suisse, "dans les plus brefs délais".
Les réseaux sociaux se sont emballés de toutes parts et, dans le flot de réactions incandescentes, le défenseur du Sénégal Moussa Niakhaté, qui évolue à l'Olympique lyonnais, a diffusé sur Instagram une photo de lui soulevant la coupe d'Afrique et portant une médaille, avec ce commentaire: "venez les chercher ! ils sont fous eux !" Aussitôt imité par des coéquipiers de sa sélection postant le même type d'images.
Le 18 janvier, plusieurs joueurs sénégalais avaient quitté temporairement la pelouse lors de la finale disputée à Rabat, en protestation contre une décision de l'arbitre qui, peu après un but refusé au Sénégal, avait accordé un penalty au Maroc dans le temps additionnel de la seconde période.
Au bout de 15 longues minutes de confusion précédant finalement un retour sur le terrain des joueurs sénégalais et dans un chaos qui gagna alors les tribunes avec des supporteurs sénégalais lançant des projectiles et tentant d'envahir le terrain, l'ailier marocain Brahim Diaz avait manqué le penalty de la discorde.
- Un précédent -
Sur quoi, durant la prolongation, c'est le Sénégal qui s'était imposé grâce à un but de Pape Gueye.
Le jury d'appel de la CAF justifie sa décision en application des articles 82 et 84 du Règlement de la Coupe d'Afrique des nations (CAN), selon lequel si une équipe "refuse de jouer ou quitte le terrain avant la fin réglementaire du match", "elle sera considérée perdante et sera définitivement éliminée de la compétition en cours".
Dans un communiqué, la fédération marocaine de football, prenant "acte de la décision" en faveur des Lions de l'Atlas, a indiqué que "sa démarche (n'avait) jamais eu pour objet de contester la performance sportive des équipes engagées dans cette compétition, mais uniquement de demander l'application du règlement de la compétition".
Et une source proche de la Fédération marocaine a rappelé à l'AFP qu'un précédent existait dans le cadre d'une autre compétition africaine. En 2019, l'Espérance Sportive de Tunis avait en effet été déclarée lauréate de la Ligue des Champions de la CAF, trois mois après que les joueurs du Wydad Casablanca eurent quitté la pelouse durant la finale, pour protester contre une panne de la VAR.
Fin janvier, le jury disciplinaire de la Confédération africaine de football (CAF), sans remettre donc en cause le résultat finale de ce match, avait néanmoins infligé une série de sanctions disciplinaires, dont des amendes s'élevant à plusieurs centaines de milliers d'euros, aux fédérations des deux pays pour comportements antisportifs et violations des principes de fair-play.
Le procès en appel de 18 supporters sénégalais, emprisonnés depuis la finale et condamnés à des peines allant de trois mois à un an de prison pour "hooliganisme", qui devait se dérouler lundi, a été reporté au 30 mars.
R.Martini--MJ