NBA: avec le retour de Tatum, les Celtics ne se cachent plus
Le retour express de Jayson Tatum après dix mois d'absence en raison d'une rupture d'un tendon d'Achille ravive le rêve de titre NBA des Boston Celtics, équipe surprise de la conférence Est en dépit d'une cure d'amincissement l'été dernier.
L'ailier de 28 ans, champion olympique avec Team USA à Paris, a retrouvé la compétition vendredi lors d'une victoire contre les Dallas Mavericks (120-100), 298 jours après s'être effondré de douleur au Madison Square Garden de New York en pleine joute de play-offs face aux Knicks.
Il a cumulé 15 points, 12 rebonds et 7 passes décisives en 27 minutes, avant d'enchaîner dimanche avec 20 points et un succès à Cleveland 109-98.
Le retour anticipé de Tatum, qui devait initialement rater toute la saison, chamboule les plans des Celtics qui tablaient sur une année de transition.
La franchise du Massachusetts, deuxième de la conférence Est (43v-21d), a dépassé les attentes sans son leader qui l'avait conduite à un 18e titre record en 2024, et aujourd'hui, avec un effectif complet, elle apparaît comme l'une des favorites pour la finale NBA.
Ce serait une conclusion hollywoodienne pour Tatum, confronté pour la première fois à une blessure d'une telle gravité, qui a documenté sans fard sa rééducation sur sa chaîne YouTube: les semaines sans marcher, la vie à l'écart du groupe...
"C'était un long chemin, physiquement, émotionnellement, mentalement", a-t-il expliqué après son retour.
- Dégraissage -
Au moment de sa blessure, "on pensait qu'on allait avoir trois, quatre, cinq ans avec cette équipe pour gagner autant de titres que possible", a-t-il poursuivi.
"Il y avait beaucoup de doutes dans mon esprit. Aujourd'hui, l'équipe a l'air totalement différente."
L'absence de Tatum a enclenché un grand ménage dans la maison Celtics, dans un contexte de changement de propriétaire propice au dégraissage, après des années de domination au prix d'une masse salariale parmi les plus élevées de la Ligue.
Les dirigeants ont expédié des cadres champions en 2024 (Jrue Holiday, Kristaps Porzingis, Al Horford) sans les remplacer par des noms ronflants, leur stratégie consistant à s'appuyer sur la continuité du système de l'entraîneur Joe Mazzulla, en poste depuis 2022.
Le technicien avait bâti autour de Tatum l'une des meilleures attaques de la NBA. Bien que privé de son leader offensif, il a trouvé la parade pour permettre à son équipe d'enchaîner les cartons.
Jaylen Brown, MVP des finales 2024 considéré comme un "super lieutenant" de Tatum, réalise une saison de N.1 qui le place parmi les candidats au titre de meilleur joueur de l'année, aidé par une armée de seconds couteaux à l'efficacité aiguisée (Derrick White, Payton Pritchard, Neemias Queta, Sam Hauser...).
- "Beaucoup de travail" -
Ces Celtics ont étonné au point de pousser l'équipe dirigeante à accélérer cet hiver pour colmater la principale faiblesse de l'effectif, sur le poste de pivot, en recrutant l'international monténégrin des Chicago Bulls Nikola Vucevic.
"C'est la force de la franchise. Ça a beaucoup à voir avec les Celtics, l'organisation, la ville, la tradition... On est bons parce que les gens avant nous ont établi ce standard", a expliqué pour sa part Mazzulla.
"La deuxième partie de l'explication, c'est le caractère compétitif du vestiaire. On a un groupe de gars qui ne s'intéresse qu'à la victoire et où on se soucie l'un de l'autre", a-t-il poursuivi.
Si Tatum retrouve son meilleur niveau d'ici le printemps, les Bostoniens se battront à armes égales avec les Detroit Pistons, New York Knicks ou les Cleveland Cavaliers pour remporter la conférence Est, comme ils l'ont déjà fait deux fois ces quatre dernières années.
"C'est palpitant, on a un défi devant nous. Notre défi est de faire un grand parcours en play-offs, a expliqué Brown aux médias. On a fait un pas de plus dans notre chemin, mais on a encore beaucoup de travail à faire, dans une courte période de temps."
C.Durand--MJ