JO: de l'argent, du bronze et un zeste de regrets pour le ski-alpinisme français
Deux podiums mais un goût d'inachevé: Emily Harrop et Thibault Anselmet ont offert à la France deux nouvelles médailles en décrochant respectivement l'argent et le bronze en ski-alpinisme jeudi sous une tempête de neige à Bormio, mais ils espéraient mieux.
L'opportunité était historique puisqu'il s'agissait de désigner les tout premiers champions olympiques de ce sport nouvellement introduit aux Jeux. Et les Français figuraient parmi les grands favoris après avoir dominé le circuit de la Coupe du monde depuis quatre ans et s'être astreint à une préparation millimétrée, en quasi-confinement ces dernières semaines.
Surtout Emily Harrop, incontestable numéro 1 mondiale depuis quatre hivers, qui avançait avec une énorme pancarte de favorite dans le dos.
Mais elle a été devancée, comme l'an dernier aux Championnats du monde, par la Suissesse Marianne Fatton qui a su profiter des erreurs de la Savoyarde au moment des transitions pour écrire l'histoire à sa place.
"Je ne suis pas entièrement satisfaite mais heureuse quand même. J'ai fait des erreurs et Marianne répond toujours présent dans les grandes occasions", a réagi Harrop après avoir préservé sa place sur le podium, contrairement à l'autre Française, Margot Ravinel, sixième de la finale après avoir longtemps figuré en troisième position.
"Je prends cette première médaille et j'espère qu'on fera un bon relais samedi", a ajouté la Franco-Britannique, née il y a 28 ans à Bourg-Saint-Maurice de parents britanniques, qui aura une deuxième occasion de viser l'or samedi lors du relais mixte avec Anselmet.
Celui-ci pouvait être moins déçu de sa troisième place derrière l'Espagnol Oriol Cardonna Coll, le principal favori conseillé par la légende Kilian Jornet, et le Russe Nikita Filippov, premier athlète à concourir sous bannière neutre à gagner une médaille lors de ces JO de Milan Cortina.
"Très dur aujourd'hui" -
"Cette médaille signifie énormément pour moi, elle récompense des années de travail. C'est beaucoup d'émotions, c'était très dur pour moi aujourd'hui", a commenté le triple vainqueur sortant de la Coupe du monde qui s'est fait peur à plusieurs reprises jeudi.
En difficulté dès les séries et une nouvelle fois en demi-finale, il n'a arraché sa qualification pour la finale qu'au temps.
Et dans la grande explication finale, le skieur discret de Bonneval-sur-Arc, dans le parc national de la Vanoise, a encore peiné en trainant longtemps dans les dernières places, contrairement à Emily Harrop qui avait fait une grande partie de la course en tête.
Mais Anselmet a réussi à inverser la vapeur sur la deuxième partie du parcours et dans la descente, l'un de ses points forts, pour aller chercher sa récompense et offrir à la France une 19e médaille dans ces Jeux.
Mais pas d'or donc qui sera peut-être pour samedi, où le duo français figure naturellement parmi les favoris encore.
En attendant, Marianne Fatton et Oriol Cardonna Coll sont donc devenus les premiers champions olympiques de l'histoire du ski-alpinisme, version de compétition du ski de randonnée.
Son introduction aux JO, annoncée en 2021, ne s'est pas faite sans remous à cause du format choisi – le sprint – critiqué par des athlètes comme... Kilian Jornet.
Le sprint ne dure que trois minutes avec trois phases de montée (skis aux pieds, skis portés et skis aux pieds à nouveau) et une descente, alors que la discipline historique – l'individuel - dure des heures avec plusieurs montées et descentes en hors piste.
L.Brambilla--MJ