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Soupçons de peste en Sibérie : la Russie dément tout "risque épidémique"

Soupçons de peste en Sibérie : la Russie dément tout "risque épidémique"

Les autorités russes ont affirmé mercredi qu'il n'existait "aucun risque épidémique" en Sibérie après la mort d'une laborantine d'un institut travaillant sur la peste, dénonçant de "fausses informations" alors que les appels à plus de transparence se multiplient, notamment de la part de l'OMS, de l'UE et des États-Unis.

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L'Organisation mondiale de la santé, les États-Unis et l'Union européenne ont exhorté la Russie à fournir davantage d'informations à la suite du décès de cette femme de 28 ans, qui a pris ces derniers jours une ampleur internationale. La Mongolie a elle ordonné mercredi une "surveillance" à sa frontière.

 

"La surveillance médicale de plus de 90% des personnes ayant été en contact avec la patiente est terminée. Aucun trouble de santé lié à une pathologie infectieuse n'a été détecté", a affirmé mercredi l'agence de santé publique russe Rospotrebnadzor.

"Il n'existe aucun risque épidémique pour la population d'Irkoutsk et de la région d'Irkoutsk", a-t-elle indiqué.

Mais à Chelekhov, la localité proche d'Irkoutsk où la laborantine est décédée, des habitants ont raconté à l'AFP que les mesures de sécurité sanitaires étaient strictes.

"Mon frère est à l'école primaire, les masques ont été rendus obligatoires", a dit Alina, une habitante de la ville âgée de 22 ans.

Oksana, manager de 35 ans, a de son côté fait un passage à la maternité : "A l'hôpital, les gens ont commencé à parler d'une femme qui était morte et dont ont suspectait que c'était la peste", a-t-elle dit. "Ils ont cessé d'accepter les prélèvements de laboratoire, et ne laissaient personne sortir, c'était très strict", a dit cette femme, qui a dû passer quatre jours en quarantaine.

- Pas de "vision complète" -

Selon Rospotrebnadzor, la laborantine "avait été vaccinée et disposait d'une immunité contre les infections dangereuses avec lesquelles elle travaillait" et deux commissions d'experts en sécurité biologique ont conclu qu'"aucune situation d'urgence liée à la manipulation de micro-organismes pathogènes n'a été constatée".

Pour autant, l'Organisation mondiale de la santé a annoncé mercredi soir ne pas être "en mesure" à ce stade de mener une évaluation complète des risques, faute d'une "vision complète" de la situation.

La peste est une maladie infectieuse causée par des bactéries. La peste pulmonaire est hautement contagieuse et peut être mortelle si elle n'est pas traitée rapidement, selon l'OMS.

- Pneumonie "indéterminée" -

Une commission sanitaire avait précédemment affirmé que les analyses post-mortem réalisées sur la laborantine permettaient de conclure qu'elle était décédée d'une "pneumonie" à l'origine "indéterminée" et qu'"aucun micro-organisme lié à l'activité professionnelle de la jeune femme n'a été détecté dans ses biomatériaux".

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a lui affirmé mercredi que la "grande majorité" des informations rapportées par des médias sur la mort de cette femme étaient "fausses".

Il a par ailleurs affirmé ne pas disposer d'informations sur une demande des États-Unis adressée à Moscou pour obtenir des éclaircissements, précisant que Moscou avait déjà informé l'OMS sur ce sujet.

Le président américain Donald Trump a été interrogé mercredi à la Maison blanche sur l'hypothèse d'un incident lié à une arme biologique.

"Nous allons le savoir très bientôt mais nous ne pensons pas", a-t-il dit, ajoutant, à propos des autorités russes: "Ils disent que la situation est tout à fait sous contrôle."

Il avait affirmé mardi qu'une conversation téléphonique avec Vladimir Poutine était "prévue" pour évoquer cette situation.

"Il incombe à la Russie de partager davantage d'informations sur ce qui s'est passé", avait souligné mardi le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, soulignant que toute infection en laboratoire inquiétait d'autant plus depuis la pandémie de Covid-19.

La porte-parole de la Commission européenne Eva Hrncirova a elle aussi réclamé à la Russie des informations "rapides et transparentes".

Et Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur de l'OMS, a appelé à faire la lumière "sur les informations dans les médias faisant état d'un second employé atteint d'une pneumonie d'origine indéterminée".

Mardi, l'OMS avait estimé que le risque était a priori "faible" pour la Russie et "très faible" pour l'Europe.

M.Bernard--MJ