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La fumée des feux de forêt tue plus de 24.000 Américains par an (étude)
La fumée des feux de forêt tue plus de 24.000 Américains par an (étude) / Photo: David Dee Delgado - GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives

La fumée des feux de forêt tue plus de 24.000 Américains par an (étude)

La fumée des feux de forêt a tué 24.100 Américains par an entre 2006 et 2020, selon une étude publiée mercredi, ses auteurs soulignant la nécessité d'un changement urgent de politique climatique aux Etats-Unis.

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"C'est un chiffre majeur", affirme à l'AFP Min Zhang, auteure principale de cette étude publiée dans la revue Science Advances et chercheuse à l'école de médecine de Mount Sinai à New York.

"C'est un problème de santé publique très préoccupant", a-t-elle ajouté.

Avec le réchauffement climatique, les feux de forêt sont de plus en plus importants, longs et fréquents. Les effets d'une exposition prolongée à la fumée sur la santé restent toutefois mal connus.

Donald Trump a de plus abandonné les efforts de lutte contre le réchauffement climatique, préférant soutenir au contraire les industries fossiles, principales responsables du phénomène.

Pourtant, le gouvernement "sait quoi faire pour lutter contre le changement climatique: promouvoir l'énergie propre, les voitures électriques, accroître le financement de la recherche", affirme à l'AFP Yaguang Wei, professeur assistant à l'école de médecine de Mount Sinai à New York.

Et au niveau local, dit-il, les autorités doivent développer en amont des systèmes d'alerte pour anticiper l'arrivée de fumée toxique et déployer des filtres dans les domiciles, les bureaux, les écoles ou les hôpitaux.

- Le cerveau est vulnérable -

Pour cette étude, les chercheurs ont mis au point une méthode permettant de distinguer les effets cumulatifs des particules fines émises par les fumées.

Si les conséquences graves sur la santé sont facilement détectables, celles-ci pouvant aller jusqu'au décès, il est plus difficile d'en définir la cause lorsque les toxines restent dans l'organisme et peuvent alors provoquer plus tard des maladies respiratoires, cardiovasculaires ou neurologiques.

Les chercheurs ont analysé les données annuelles sur la mortalité de plus de 3.068 comtés américains, hors Alaska et Hawaï, les liant ensuite à des images satellite.

Puis, ils ont exclu de l'analyse des facteurs extérieurs ayant pu expliquer des variations du taux de mortalité.

Les résultats ont montré une augmentation nette de la mortalité. Les pathologies les plus présentes dans l'étude étant la démence, la maladie de Parkinson ou encore des maladies du système circulatoire.

"En général, les gens voient les maladies cardiovasculaires et respiratoires causées par la fumée des feux de forêt. Cependant, nous avons découvert que les maladies neurologiques étaient plus présentes", explique Yaguang Wei. "Notre cerveau semble être la partie la plus vulnérable".

Les effets sont plus prononcés dans les zones rurales, lieux souvent proches des feux. Parmi la population, les plus jeunes sont également les plus impactés, possiblement parce qu'ils passent plus de temps dehors. Des températures basses augmentent aussi cette mortalité: les gens sortent davantage durant les étés frais tandis que les hivers froids empêchent la dissipation de la fumée, selon les auteurs.

Ce bilan de 24.100 morts par an représente plus du double des 11.415 décès estimés précédemment, chiffre publié en 2024 dans la revue PNAS.

Mais selon Yaguang Wei, ce nouveau bilan est probablement sous-estimé car l'analyse au niveau des comtés ne permet pas la même précision qu'une enquête par code postal ou par quartier.

C.Durand--MJ