De retour au Venezuela, l'opposante Machado acclamée par ses partisans
La cheffe de l'opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix, Maria Corina Machado, est rentrée au Venezuela dimanche, après un exil de près d'un an, renforçant la pression sur le pouvoir intérimaire pour organiser des élections.
Mme Machado a salué ses partisans venus l'acclamer à Guacara (nord), ont constaté des journalistes de l'AFP.
Après un périple de plusieurs centaines de kilomètres, elle a ensuite rallié la capitale Caracas en soirée. "Le Venezuela est en train de donner une leçon au monde entier", a-t-elle lancé.
Son retour apparaît comme un défi à la présidente par intérim Delcy Rodriguez, qui mène avec une partie de l'opposition des négociations soutenues par Washington sur une transition démocratique, dont Maria Corina Machado a été exclue.
"Nous voulons des élections, plus de dialogue, des élections tout de suite", a scandé la foule sur son passage.
Elle avait quitté le pays en décembre 2025 pour aller recevoir le prix Nobel, après près d'un an dans la clandestinité, en pleine vague d'arrestations ayant suivi la réélection controversée du président chaviste Nicolas Maduro en 2024.
Maria Corina Machado, qui prône l'économie de marché, revient neuf mois après la capture de M. Maduro par les forces américaines.
Le président des États-Unis, Donald Trump, a déclaré ne pas être au courant de son retour.
"Je ne sais rien à ce sujet, mais je pense que c'est une femme très agréable. Elle m'a donné son prix Nobel, alors comment pourrais-je dire autre chose ? Et j'espère qu'elle est en sécurité", a-t-il déclaré aux journalistes.
- "Un jour important" -
L'allié de Maria Corina Machado, Edmundo Gonzalez Urrutia, lui-même exilé, a salué son retour : "Venezuela ! Je suis extrêmement ému de vous annoncer que notre leader, ma chère Maria Corina, est sur le territoire vénézuélien. Aujourd'hui est un jour très important pour les Vénézuéliens", a-t-il écrit, également sur X.
Mme Machado ayant été déclarée inéligible par le pouvoir, Edmundo Gonzalez Urrutia avait été son candidat pour la présidentielle, dont il revendique la victoire.
Des milliers de Vénézuéliens avaient manifesté jeudi dans plusieurs villes du pays pour exiger son retour et son parti réclame la tenue d'une présidentielle en 2027.
Mme Rodriguez, qui gouverne sous la forte pression de Washington, a assuré que des élections seraient organisées, sans toutefois préciser de date.
- Processus de "réconciliation" -
Son retour est le "résultat direct" du processus de "réconciliation" sous l'égide de Washington, a estimé dimanche le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio.
"Nous nous attendons à ce que tous les acteurs politiques soutiennent ces discussions qui représentent la meilleure chance que le Venezuela ait eu en 30 ans de parvenir de manière pacifique, non seulement à des élections libres et justes, mais à une démocratie pérenne", a ajouté le secrétaire d'État sur les réseaux sociaux.
"Nous célébrons le retour en liberté de Maria Corina Machado", a pour sa part écrit sur X la cheffe de la délégation de l'opposition aux pourparlers, Dinorah Figuera, en affirmant qu'il résultait des négociations avec le gouvernement intérimaire.
De nombreux dirigeants du parti de l'opposante, Vente Venezuela, sont récemment revenus d'exil, où ils étaient partis après la vague de répression post-électorale, qui a fait 28 morts et plus de 2.400 arrestations, dont des dizaines de collaborateurs de Mme Machado.
Le parti a également exigé la levée de l'inéligibilité politique qui l'a empêchée de se présenter à la dernière présidentielle.
Il a réitéré cette exigence après qu'une magistrate du Tribunal suprême a avoué avoir été contrainte de signer l'inéligibilité de la cheffe de l'opposition, ses frères militaires et sa belle-sœur ayant été arrêtés.
L.Moretti--MJ