Monaco Journal - Le budget entre dans l'hémicycle mardi, la présidentielle aussi

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Le budget entre dans l'hémicycle mardi, la présidentielle aussi
Le budget entre dans l'hémicycle mardi, la présidentielle aussi / Photo: Dimitar DILKOFF - AFP/Archives

Le budget entre dans l'hémicycle mardi, la présidentielle aussi

Déjà cerné par le mouvement lycéen, les inquiétudes sur le pouvoir d'achat et la crainte d'une crise financière, le gouvernement ouvre mardi dans l'hémicycle de l'Assemblée un autre dossier bouillant : le budget de l'Etat pour 2027, plus incertain que jamais faute de majorité et à l'approche de la présidentielle.

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L'examen de ce projet de budget annuel, le dernier de la présidence d'Emmanuel Macron, va démarrer mardi soir par la partie recettes, qui détermine principalement les rentrées fiscales. Le premier volet d'un texte ambitionnant de retrouver un déficit à 5% du PIB en 2027.

Les oppositions ont accueilli la copie gouvernementale à coups de canon, y compris le PS qui avait accepté de laisser passer le budget l'an passé.

"Le Premier ministre n'a donné aucun signe d'inflexion", a encore estimé lundi Estelle Mercier (PS). Elle défendra mardi une motion de rejet du projet de budget, a priori dans la soirée, dès l'entame des débats.

LFI, qui en avait aussi déposé une, la votera, comme des députés du groupe communiste et ultramarin. Le groupe écologiste doit en débattre mardi matin.

Le groupe RN sera aussi scruté : s'il vote contre, la motion sera sans doute rejetée et l'examen commencera normalement. S'il vote pour, elle sera sans doute adoptée, renvoyant l'ensemble du texte en première lecture vers le Sénat.

Si les troupes de Marine Le Pen s'abstiennent, le vote se jouera beaucoup à la mobilisation entre la gauche et le camp gouvernemental, et au choix des indépendants de Liot.

- Retraites et collectivités

Que les débats soient longs, ou interrompus au premier jour, le gouvernement a de toute façon peu d'espoir de faire voter son budget dans des conditions classiques à l'Assemblée nationale. Le premier tour de chauffe en commission des Finances a été sévère, avec un texte remanié puis rejeté par la quasi-totalité des députés (31 contre, trois pour et deux abstentions).

Car pour atteindre sa cible de déficit, l'exécutif n'a pas été avare de mesures d'économies parfois clivantes, pour réaliser quelque 45 milliards d'efforts nouveaux en 2027.

Il entend notamment mettre à contribution les retraités, par une sous-indexation des pensions au-dessus de 1.256 euros dans le budget de la Sécurité sociale, et une réduction du périmètre de l'abattement de 10% sur l'impôt sur le revenu dont bénéficient les retraités, dans ce budget de l’État.

Des mesures accueillies par des protestations de LFI au RN, en passant par des députés LR, soutiens du gouvernement.

Parmi les autres points chauds : les aides au logement, le gel du point d'indice des fonctionnaires, mais aussi les collectivités locales, mises à contribution pour environ 5,4 milliards d'euros, provoquant des levées de boucliers jusqu'au sein du camp gouvernemental.

"Il nous faut un budget qui réduise le déficit aussi pour réduire les taux d'intérêt", a martelé samedi David Amiel (Renaissance), ministre du Budget, invoquant l'"urgence à agir".

- 5% "quoi qu'il arrive" -

Une source au sein de l'exécutif prend moins de gants en évoquant le déficit : "Les marchés financiers ont besoin de sentir que quoi qu'il arrive on va finir à 5% (...), les débats parlementaires, tout le monde s'en fout, comme tout le monde s'est dit qu'à la fin, ça se terminera par un 49.3 ou des ordonnances".

Privé de majorité, Sébastien Lecornu pourrait en effet recourir, comme l'an passé, à l'article 49 alinéa 3 de la Constitution.

A ceci près que cette fois-ci les socialistes sont moins enclins à la non-censure, arguant que le gouvernement fait des clins d'oeil à l'extrême droite - ce dont il se défend - en proposant un délai de "carence" pour le versement de certaines allocations aux étrangers.

Marine Le Pen, qui a aussi érigé les comptes publics en thème de campagne, a dit préférer l'adoption d'un budget, même "imparfait", estimant qu'elle arriverait à le modifier en profondeur en cas d'entrée à l’Élysée. Sans rassurer certains cadres macronistes : "Si la contestation sociale s'amplifie (...), le RN pourrait la rejoindre" en censurant, s'inquiète l'un d'eux.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu pourrait aussi recourir aux ordonnances budgétaires, jamais utilisées, mais permettant de passer le budget sans aucun vote. Il faudrait toutefois attendre le 18 décembre, après 70 jours d'examen.

R.Martini--MJ