Trump annonce une "guerre économique" inédite contre l'Iran
Donald Trump a menacé mercredi de "terribles" mesures économiques "tout pays" qui aiderait l'Iran dans son effort de guerre, une intensification de la pression exercée par Washington sur son adversaire après des mois de conflit.
"J'annonce que TOUT pays qui permettra à ses institutions financières, à ses entreprises, à ses aéroports ou à ses entités gouvernementales d'offrir une quelconque forme de bouée de sauvetage à l'Iran fera lui-même face à de TERRIBLES répercussions économiques", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.
Dans un long message, il annonce "l'opération économique la plus écrasante jamais entreprise", et exige que cesse "contrebande de pétrole, échange de devises (et) transferts de liquidités." Il ne cite aucun pays en particulier et ne donne aucun détail sur les mesures ou sanctions envisagées.
La semaine passée, le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent avait déjà menacé l'Iran d'un isolement économique "comme le monde n'en a jamais vu".
Entre impopularité du conflit sur la scène politique américaine et réserves de munitions bien entamées, l'imprévisible président américain semble avoir récemment opté pour une posture plus attentiste, en tout cas sur le plan militaire.
- Deux missiles balistiques -
Après l'attaque américano-israélienne contre l'Iran le 28 février, Téhéran a riposté par des frappes sur les pays voisins alliés de Washington et verrouillé le détroit d'Ormuz, voie de transit stratégique pour les hydrocarbures. Les Etats-Unis ont imposé de leur côté un blocus aux ports iraniens.
Malgré une récente baisse des hostilités, les tensions dans la région restent vives au sixième mois de conflit.
Les Emirats arabes unis ont accusé mardi l'Iran d'avoir tiré deux missiles balistiques, tombés en mer, qui visaient "la navigation maritime", ce que Téhéran dément.
Dans la foulée, la diplomatie émiratie a annoncé suspendre jusqu'à nouvel ordre "tous les échanges commerciaux et les transactions financières" avec l'Iran.
"Toute assistance ou facilité apportée à l'armée agresseuse américaine équivaut à une participation aux opérations militaires américaines", a répondu, à l'adresse des pays du Golfe, le chef des forces armées iraniennes, le général Ali Abdollahi, cité par l'agence Mehr.
Les deux pays, séparés par le détroit d'Ormuz, partagent des liens culturels et historiques profonds, et les Emirats arabes unis constituaient jusqu'au début du conflit un partenaire commercial majeur pour l'Iran, confronté aux sanctions américaines.
Les négociations diplomatiques sont au point mort. "Aucune conversation ni discussion n'a lieu en ce moment ni n'est programmée avec la République islamique d'Iran", a déclaré mardi Donald Trump.
- "Ingérence étrangère" -
Selon une source américaine contactée par l'AFP, les échanges ont été suspendus et Donald Trump a demandé à ses équipes de ne pas reprendre le dialogue tant que Téhéran ne se rapprocherait pas des positions américaines.
Téhéran n'a guère envoyé de signaux en ce sens. Le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf a déclaré que le détroit ne serait pas ouvert tant que Washington n'aurait pas rempli ses engagements prévus dans le protocole d'accord signé en juin.
Ce texte, qui instaurait une trêve de soixante jours en vue d'un règlement durable, a volé en éclats avec la reprise des hostilités en juillet.
Mohammad Bagher Ghalibaf, en visite à Bagdad mercredi, a par ailleurs dénoncé "l'ingérence étrangère", au moment où Washington presse l'Irak de désarmer de puissantes factions armées soutenues par Téhéran, et exhorté au "renforcement régional".
Dans le même temps, l'Iran et Oman, riverains du détroit d'Ormuz, discutent depuis plusieurs semaines de la future gestion de ce passage.
L'Iran, qui prend pour cible des navires tentant de traverser le détroit sans demander d'autorisation, veut imposer des frais de navigation pour des services aux vaisseaux y transitant, ce que refusent fermement les Etats-Unis et certains pays de la région.
P.Dubois--MJ