Netanyahu reçu par Trump pour aplanir les divergences
Le président américain Donald Trump a reçu mardi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un entretien salué par la Maison Blanche comme étant "positif et constructif" sur fond de tensions entre les deux dirigeants.
"Le président Trump vient de conclure ses entretiens dans le Bureau ovale avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le Premier ministre Netanyahu. Ces deux rencontres ont été positives et constructives", a écrit sur X la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.
La rencontre, à huis clos, entre MM. Trump et Netanyahu a duré environ une heure et demie, selon la Maison Blanche.
Il s'agissait de leur première rencontre depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, et leur huitième depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.
Leurs discussions devaient être centrées sur les dossiers régionaux, en particulier l'Iran, au moment où Washington affirme vouloir redonner une chance à la diplomatie, après deux semaines de bombardements sans précédent depuis le cessez-le-feu d'avril.
Israël, qui avait lancé conjointement avec les Etats-Unis l'offensive sur Téhéran le 28 février ayant déclenché la guerre régionale, n'a pas pris part à la dernière vague d'affrontements.
"Nous discuterons de tous les sujets (...) avant tout de l'Iran, naturellement, notre objectif est de garantir notre sécurité, mais aussi d'élargir le cercle de la paix autour de nous", avait déclaré M. Netanyahu avant son départ d'Israël lundi.
A son arrivée à Washington, il a participé à un dîner organisé en mémoire du sénateur Lindsey Graham, décédé le 11 juillet, a indiqué son cabinet. Il doit également assister à ses obsèques mardi après-midi.
La visite de M. Netanyahu survient à un "moment critique pour le Moyen-Orient", tandis que l'Iran continue "de privilégier le terrorisme plutôt que les négociations" et de bloquer le détroit d'Ormuz, voie navigable stratégique, a déclaré mardi Danny Danon, ambassadeur d'Israël auprès des Nations unies.
Elle intervient par ailleurs alors que le Premier ministre brigue un nouveau mandat, lors des législatives du 27 octobre, et que les derniers sondages le donnent en difficulté.
- "Pas de rupture" -
Les relations entre MM. Trump et Netanyahu s'étaient fortement dégradées en avril, lors des négociations sur un premier cessez-le-feu entre Washington et Téhéran, Donald Trump s'en prenant alors vertement à son allié israélien accusé de faire obstacle aux efforts diplomatiques.
Le président américain avait notamment qualifié M. Netanyahu de "type très difficile". Le Premier ministre avait concédé des "désaccords tactiques", tout en assurant partager avec son homologue américain les mêmes objectifs dans la guerre.
Mardi, ils devaient aussi discuter de la mise en œuvre de l'accord-cadre conclu sous l'égide des Etats-Unis entre Israël et le Liban en vue de leur sortie de l'état de guerre, dont l'application reste difficile sur le terrain.
Les discussions devaient également porter sur la bande de Gaza, sur fond d'impasse des efforts diplomatiques pour amorcer la reconstruction du territoire palestinien, dévasté par deux ans de guerre entre le Hamas et Israël, et où la situation humanitaire est catastrophique malgré un fragile cessez-le-feu entré en vigueur en octobre 2025.
"L'enjeu principal est de montrer au monde entier, à l'Iran, mais aussi au Liban et à d'autres pays en particulier, qu'il n'y a pas de rupture ni de désaccord majeur entre les Etats-Unis et Israël", a affirmé à l'AFP Yonatan Freeman, expert en relations internationales à l'Université hébraïque de Jérusalem.
Les éventuelles divergences portent davantage, selon lui, sur les moyens (calendrier, intensité des opérations militaires ou objectifs immédiats) que sur les finalités.
Plusieurs médias israéliens, citant des sources politiques, ont rapporté que le cabinet de sécurité avait approuvé le cadre juridique permettant le déploiement d'une force internationale de stabilisation (ISF) à Gaza, une décision présentée comme un geste envers Washington.
Cette force internationale, qui s'inscrit dans le cadre du "Conseil de paix" promu par Donald Trump, constitue l'un des volets du dispositif américain envisagé pour l'après-guerre à Gaza.
L.Brambilla--MJ