Monaco Journal - Les dirigeants libanais somment l'Iran de ne plus "intervenir" dans leur pays

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Les dirigeants libanais somment l'Iran de ne plus "intervenir" dans leur pays
Les dirigeants libanais somment l'Iran de ne plus "intervenir" dans leur pays / Photo: Kawnat HAJU - AFP

Les dirigeants libanais somment l'Iran de ne plus "intervenir" dans leur pays

Les dirigeants libanais ont lancé vendredi des avertissements fermes à l'Iran, l'appelant à cesser d'interférer dans les affaires de leur pays, face à l'échec de la nouvelle trêve annoncée par Washington entre Israël et le Hezbollah pro-iranien.

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L'armée israélienne a encore mené de larges frappes dans le sud du Liban, après avoir ordonné aux habitants d'une dizaine de villages de les évacuer, poursuivant ses attaques contre le Hezbollah qui a rejeté l'accord de cessez-le-feu.

"Ce n'est pas votre pays, c'est le nôtre (...) Vous n'avez pas à intervenir dans notre pays", a lancé le président libanais Joseph Aoun, à l'adresse de l'Iran.

"Le Hezbollah doit comprendre qu'il (n'y a pas) d'autre solution que de s'asseoir et de parler, pas d'autre moyen (...) de sauver ce qu'il reste sauf à travers la négociation et la diplomatie", a-t-il ajouté.

Le chef d'Etat se heurte à la réticence du mouvement et d'une partie de la population depuis le lancement de négociations directes avec Israël, pour la première fois en des décennies. Les deux pays n'entretiennent pas de relations diplomatiques.

Le Premier ministre Nawaf Salam a lui aussi exhorté l'Iran à cesser d'utiliser son pays comme "moyen de pression" dans les discussions avec les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. "Nous sommes le peuple d'une patrie qui refuse de servir de boîte aux lettres pour les messages d'autrui ou de champ de bataille pour leurs guerres".

Téhéran exige que tout accord avec Washington englobe la fin des hostilités sur le front libanais, avec un retrait des forces israéliennes.

- "Plus que les vêtements" -

Le président du Parlement Nabih Berri, qui joue un rôle d'intermédiaire auprès du Hezbollah, a de son côté évoqué pour la première fois la possibilité que le groupe chiite évacue le sud si Israël se retirait du Liban et si un cessez-le-feu "global et sans conditions" était conclu.

Sur le terrain, l'armée israélienne a procédé à des frappes sur de vastes zones du sud, touchant plusieurs villages, selon l'Agence nationale d'information (Ani).

Un peu plus tôt, Israël avait lancé des appels à évacuer à la population de Sarafand, bourgade côtière entre les villes de Tyr et Saïda, et d'une dizaine d'autres localités au nord du Litani, fleuve coulant à une trentaine de kilomètres au nord de la frontière.

Après ces mises en garde, des habitants des localités concernées ont fui, a rapporté l'Ani.

L'armée israélienne a également mené une frappe à l'entrée de Tyr. Des bombardements sur cette ville millénaire, dont l'un a légèrement endommagé l'hôpital Jabal Amel, avaient fait sept morts dans la nuit, a indiqué à l'AFP une source au sein de la défense civile. L'établissement avait déjà été touché en début de semaine.

"Ma maison au village a été détruite, ma maison à Tyr également, il ne nous reste plus que les vêtements que nous avons sur le dos", a confié à l'AFP Marwan Ghorayeb, un retraité des forces de sécurité.

- Appel aux dons -

Le Hezbollah a pour sa part revendiqué plusieurs attaques contre les troupes israéliennes qui occupent une partie du sud du pays, mais pas contre le nord d'Israël.

Le groupe pro-iranien a entraîné début mars le pays dans la guerre, en attaquant Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei dans l'attaque israélo-américaine.

Alors que l'accord de cessez-le-feu prévoit un maintien à ce stade des tirs et opérations de l'armée israélienne, le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a assuré jeudi qu'il n'y aurait "pas de sécurité" pour le nord d'Israël "sans sécurité pour les villages" du sud du Liban.

Pour aider le pays ravagé par la guerre, l'ONU a plus que doublé son appel aux dons, réclamant près de 640 millions de dollars sur six mois.

Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait 3.558 morts depuis le début du conflit, soit 32 de plus en 24 heures, selon un nouveau bilan des autorités. Côté israélien, 27 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban.

J.Rossi--MJ