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Israël menace de frapper la banlieue sud de Beyrouth, réunion du Conseil de sécurité de l'ONU

Israël menace de frapper la banlieue sud de Beyrouth, réunion du Conseil de sécurité de l'ONU

Israël a appelé lundi à l'évacuation de la banlieue sud de Beyrouth, menaçant d'y frapper le Hezbollah pro-iranien, tout en intensifiant son offensive terrestre au Liban où il mène son incursion militaire la plus profonde depuis 26 ans.

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A la veille d'une nouvelle session de négociations entre les deux pays prévue à Washington, Donald Trump a toutefois assuré en début de soirée que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'était engagé, lors d'une entretien téléphonique, à ne pas envoyer de troupes à Beyrouth, et que le Hezbollah allait "cesser totalement le feu".

M. Netanyahu avait auparavant demandé à l'armée de frapper "des cibles terroristes" dans la banlieue sud de Beyrouth, selon un communiqué.

L'armée israélienne a ensuite appelé les habitants de bastion du Hezbollah, densément peuplé, à évacuer, avertissant de frappes si le mouvement chiite "continue de tirer des roquettes" sur Israël.

Accusant Israël de franchir ainsi des "lignes rouges", alors que les négociations patinent pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, l'Iran a menacé lundi d'ouvrir de "nouveaux fronts", malgré la trêve en vigueur depuis le 8 avril.

Téhéran avait plus tôt réaffirmé conditionner tout accord pour mettre un terme à la guerre au Moyen-Orient à un cessez-le-feu au Liban, entraîné dans le conflit régional le 2 mars, et où une trêve est censée être en vigueur depuis le 17 avril.

A la demande de la France, le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir en urgence dans la soirée, le président Emmanuel Macron estimant que "rien ne justifie l'escalade majeure en cours au Sud Liban".

- "Panique générale" -

Des journalistes de l'AFP ont vu des centaines de familles fuir la banlieue sud, à pied, à moto ou dans des voitures chargées d'affaires.

Les déclarations israéliennes "ont provoqué une panique générale", a déclaré à l'AFP Hadi, un employé de 24 ans, qui était rentré chez lui à la faveur de la trêve et est reparti.

En milieu de journée, les rues de la banlieue sud étaient désertes et les magasins fermés, selon un photographe de l'AFP.

Deux ministres européens, allemand et norvégien, en route pour Beyrouth ont rebroussé chemin et annulé leur voyage, ont annoncé leurs services respectifs.

L'Union Européenne a aussi appelé Israël, qui s'était retiré du Liban en 2000 après 18 ans d'occupation, à y cesser son "escalade militaire", tandis que l'ONU s'affirmait "très inquiète".

"Pourquoi cesser ces frappes qui font mal à Israël alors qu'il bombarde le Liban?", a réagi lundi auprès de l'AFP une source proche de la formation.

Le président américain a lui affirmé sur son réseau Truth Social avoir eu un "très bon" échange avec le Hezbollah via des intermédiaires, et que la mouvement allait "cesser totalement le feu."

"Israël ne les attaquera pas et ils n'attaqueront pas Israël", a écrit le président américain.

Selon un responsable américain dimanche soir, les Etats-Unis avaient proposé un plan en ce sens.

- "Agression féroce" -

Le Hezbollah a revendiqué lundi des attaques aux missiles contre des objectifs militaires dans le nord d'Israël.

A la suite de pressions diplomatiques, Israël avait cessé ses frappes quotidiennes contre la banlieue sud en avril et en avait mené deux en mai.

L'armée israélienne s'est emparé dimanche de la forteresse médiévale de Beaufort, selon Benjamin Netanyahu, qui y a vu un "tournant décisif" des opérations israéliennes dans le sud du Liban.

Le Hezbollah a dit lundi dans un communiqué combattre les forces israéliennes aux alentours de cette forteresse stratégique, surplombant le sud du Liban et une partie du nord d'Israël, dont les troupes israéliennes avaient fait une base avant leur retrait en 2000.

Ce nouveau conflit au Liban a débuté vec une attaque du Hezbollah contre Israël en représailles aux frappes israélo-américaines contre l'Iran.

L'armée israélienne a aussi frappé lundi plus de 40 localités dans le sud, notamment à Tyr près d'un hôpital, faisant des dégâts et plusieurs blessés, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

Un correspondant de l'AFP a constaté d'importants dégâts dans le secteur et vu des secouristes éteindre un incendie dans le parking de l'hôpital, Jabal Amel. Selon des vidéos du ministère de la Santé, un service hospitalier a été endommagé.

Dénonçant une "agression féroce" du pays voisin, le président Joseph Aoun a cependant affirmé que les négociations entre les deux pays, auxquelles s'oppose le Hezbollah, restaient "le seul moyen de mettre fin à la guerre".

Depuis le 2 mars, plus de 3.412 personnes ont été tuées au Liban et plus d'un million déplacées, selon Beyrouth. Le bilan est de 26 morts côté israélien, 25 soldats et un contractuel civil.

R.Martini--MJ