Le 9e sommet Choose France pulvérise un record d'investissements grâce à l'IA
Centres de données, IA, logistique: le sommet Choose France 2026 va battre nettement le record d'investissements étrangers de ses prédécesseurs, avec 93 milliards d'euros annoncés lundi pour cette neuvième et dernière édition de la présidence d'Emmanuel Macron, initiateur de cet événement.
"Cette édition de Choose France à elle seule va permettre de cristalliser un montant record de 93 milliards d'euros d'investissements confirmés pour plus de 15.000 emplois", à travers 71 annonces attendues sous les ors du château de Versailles, a déclaré Emmanuel Macron lundi depuis l'Elysée.
A elle seule, cette édition dépasse les promesses d'investissements cumulées des huit précédents Choose France (Choisissez la France), qui s'élevaient à 87 milliards d'euros.
"C'est évidemment de très loin une édition record et c'est historique", a ajouté le chef de l'Etat en recevant le patron du groupe japonais SofBank, Masayoshi Son, dont l'entreprise investit elle-même près de la moitié du montant total des investissements de cette neuvième édition.
Ouvrant le bal des annonces dès samedi, SoftBank prévoit un colossal projet dans les infrastructures liées à l'intelligence artificielle (IA), en partenariat avec le groupe français Schneider Electric. Le géant japonais du secteur des technologies prévoit des centres de données dans les Hauts-de-France représentant 45 milliards d'euros d'ici à 2031, et 75 milliards d'euros à terme. "D'autres sites ont été identifiés" pour atteindre cet objectif, a indiqué Emmanuel Macron.
Toujours dans le domaine numérique, le gestionnaire d'actifs canadien Brookfield investira 10 milliards d'euros supplémentaires dans les infrastructures liées à l'IA en France pour atteindre jusqu'à 30 milliards au total.
Le fonds émirati MGX et Bpifrance annoncent eux "la sélection imminente d’un deuxième site" pour construire des infrastructures liées à l'IA, représentant "un investissement d'environ 7,5 milliards d'euros", après le Campus AI de Fouju (Seine-et-Marne), projet en coentreprise avec Mistral IA et Nvidia, "actuellement en construction".
D'autres investissements importants dans le domaine sont aussi annoncés par la société d'investissement Ardian et la plateforme nordique de centres de données Verne (pour 5 milliards d'euros) et le groupe informatique américain Salesforce (2 milliards de dollars d’ici 2030).
- "Combler le retard" -
Ces projets vont permettre "de faire de la France de très loin le premier pays accueillant des centres de données (...) et des capacités de calcul en Europe, et de faire de la France aussi le point avancé de la production de robots IA, d'industrialisation par l'IA", s'est félicité Emmanuel Macron.
"Nous sommes clairement en train de combler le retard que nous avions en matière de capacités de calcul en Europe" par rapport aux Etats-Unis et à la Chine, a encore affirmé le chef de l'Etat.
Cette 9e édition, la dernière du président, verra également "des projets stratégiques pour notre indépendance dans les semi-conducteurs, dans les minerais critiques, dans l'électrification des tracteurs ou des camions, dans l'acier, dans la santé", a-t-il indiqué.
Créé en janvier 2018 par Emmanuel Macron, peu après son arrivée à l'Elysée, Choose France a depuis été institué comme le rendez-vous annuel emblématique de la politique pro-business du chef de l'Etat.
Depuis le premier sommet, plus de 230 projets ont été annoncés, représentant selon Emmanuel Macron 87 milliards d'euros et 50.000 emplois industriels nouveaux.
L'édition 2025 du sommet avait déjà battu un record avec 20 milliards d'euros de projets annoncés, et 20,8 milliards d'euros d'engagements sur l'IA pris en février entérinés.
- Investissement "déprimé" -
Emmanuel Macron voit dans ces investissements "une preuve concrète de l'attractivité de la France" et le fruit des réformes de la fiscalité et du droit du travail engagées depuis son premier mandat, commencé en 2017.
La France est, pour la septième année consécutive, le pays d'Europe qui attire le plus d'investissements étrangers, selon les récents résultats du baromètre du cabinet de conseil EY.
D'après EY, la France a attiré l'an dernier 852 projets sur 5.026 recensés dans 47 pays européens, en recul de 17% dans un environnement international difficile.
Pour l'économiste Sylvain Bersinger toutefois, les annonces de Versailles "ne doivent pas masquer le fait que l'investissement total des entreprises en France est déprimé, que la réindustrialisation demeure un vœu pieux et que la France ne semble pas nécessairement plus attractive pour les investisseurs étrangers que ses voisins".
Marylise Léon, la numéro un du syndicat CFDT, a déploré sur Public Sénat "une véritable problématique de maintien de l'industrie en France".
C.Durand--MJ