Moyen-Orient: les Bourses mondiales croient à une avancée, la tech en renfort
Les Bourses mondiales ont terminé la semaine dans le vert vendredi, espérant des développements positifs sur le Moyen-Orient, l'engouement pour les valeurs technologiques apportant aussi un soutien.
A New York, le Dow Jones (+0,58% à 50.579,70 points) a terminé sur un record pour la deuxième séance d'affilée. Le Nasdaq a pris 0,19% et l'indice élargi S&P 500 a gagné 0,37%.
En Europe, la Bourse de Paris (+0,37%), de Francfort (+1,15%), ainsi que celle de Milan (+0,70%) et de Londres (+0,22%) ont toutes terminé en hausse.
"Le marché boursier semble s'appuyer sur l'idée que, même si la situation autour de l'Iran semble précaire, les deux parties sont en pourparlers et finiront par conclure un accord de paix", commente auprès de l'AFP Patrick O'Hare, de Briefing.com.
Selon des sources sécuritaires, le chef de l'armée pakistanaise, pays médiateur des discussions, est en route pour Téhéran.
Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a lui exprimé son espoir que cette visite fasse avancer les discussions.
"Les acteurs du marché craignent davantage de se retrouver hors du marché si cela (un accord, ndlr) se produit pendant le week-end que d'y rester si, par exemple, un événement comme une intervention militaire survient", assure Patrick O'Hare.
Mais cet espoir a surtout concerné le marché boursier.
Du côté du pétrole, les investisseurs sont "nerveux", assure auprès de l'AFP Phil Flynn, analyste pour The Price Futures Group.
Les cours ont terminé en petite hausse: le baril de Brent de la mer du Nord a progressé de 0,94% à 103,54 dollars, et son équivalent américain, le baril de WTI, a grappillé 0,26% à 96,60 dollars.
Pour les analystes d'Eurasia Group, "le risque d'escalade" demeure réel "malgré l'intensification des efforts diplomatiques."
Depuis l'entrée en vigueur d'une fragile trêve le 8 avril après plus d'un mois de conflit, une seule séance de négociations, infructueuse, s'est tenue le 11 avril à Islamabad.
- Enthousiasme autour de L'IA -
Après les bons résultats trimestriels publiés mercredi par le géant des puces Nvidia, l'enthousiasme pour les secteurs touchés de près ou de loin par l'intelligence artificielle (IA) a continué.
A Wall Street, le fabricant d'ordinateurs et autres équipements informatiques Dell s'est envolé de plus de 17%, et a vu le prix de son action plus que doubler depuis le début de l'année. Son concurrent HP a pris plus de 15% vendredi.
Le marché estime que la forte demande pour l'IA offrira de nouveaux débouchés pour leurs produits.
A Francfort, le spécialiste des puces Infineon Technologies a été récompensé (+7,97%)tout comme STMicroelectronics en France (+5,17%).
Dans les semaines qui viennent, le marché américain va commencer à battre le rebours de l'événement boursier de l'année: l'introduction au Nasdaq de SpaceX, l'outil de conquête spatiale d'Elon Musk, annoncée pour mi-juin.
OpenAI, le créateur de ChatGPT, doit aussi déposer son dossier préalable à une entrée en Bourse dans les prochains jours.
- Conséquences économiques du conflit scrutées -
La journée a été marquée par la prestation de serment du nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, qui a promis que la Réserve fédérale sera "tournée vers des réformes".
Le président américain Donald Trump espère que M. Warsh baisse les taux dans un contexte d'inflation nourrie par la hausse du prix du pétrole.
Mais il lui a aussi souhaiter d'être "complètement indépendant".
"Je n'aimerais pas du tout être à sa place", ironise François Rimeu, stratégiste senior chez Crédit Mutuel AM.. "Sa mission est horrible. Comme on va avoir une inflation qui va être au-dessus de 3,5%/4%, il n'y a aucune raison de baisser les taux".
Capteur des risques d'inflation, le taux d'emprunt de la dette américaine à dix ans était en léger recul à 4,56% contre 4,57% à la clôture la veille.
La hausse des prix réduisant la valeur réelle de leur créance, les prêteurs exigent pour compenser des taux d'intérêt plus élevés.
En Europe, la détente continuait sur le marché obligataire de la dette des Etats. Le rendement du "Bund" allemand à échéance dix ans, référence sur le continent, redescendait à 3,04%, contre 3,10% la veille en clôture. Son équivalent français refluait à 3,66% contre 3,72% jeudi soir.
V.Bellini--MJ