Washington veut empêcher Téhéran de poser des mines dans le détroit d'Ormuz
Washington menace mardi de lourdes "conséquences militaires" l'Iran, qu'il suspecte de vouloir miner le détroit d'Ormuz axe stratégique pour le pétrole mondial.
Le président américain a affirmé que l'Iran s'exposait à des "conséquences militaires (...) sans précédent" en cas de dépôt de mines dans le détroit d'Ormuz, de facto sous contrôle iranien.
Peu après, l'armée américaine a annoncé avoir détruit 16 bateaux poseurs de mines iraniens "près du détroit".
C'est par cet étroit passage que transite, en temps de paix, un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié.
Le gouvernement américain est pressé de le rouvrir à la circulation maritime, dans l'espoir de calmer les prix du pétrole et son opinion publique, très sensible aux prix à la pompe.
"Le contrôle du détroit d'Ormuz a permis à l'Iran de peser sur les relations économiques internationales", ont salué les Gardiens de la révolution, l'armée idéologique de la République islamique.
Le risque pesant sur la production d'hydrocarbures a été illustré par la fermeture, à cause d'une attaque de drones, de la raffinerie de Ruwais aux Emirats arabes unis, l'une des plus grandes au monde.
Après plusieurs jours de flambée - jusqu'à près de 120 dollars le baril lundi - les cours du pétrole ont chuté mardi avant de remonter autour de 88 dollars le baril.
- "Quoi faire, où aller" -
Engagé dans le conflit depuis le 28 février au côté de Washington, Israël a rapporté dans la nuit de mardi à mercredi avoir continué de frapper l'Iran et la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah pro-iranien.
Le gouvernement libanais a indiqué mardi que "près de 760.000 déplacés" ont été enregistrés depuis le 2 mars, début des combats entre Hezbollah et Israël.
Plusieurs séries d'explosions ont retenti dans Téhéran mardi soir.
Certaines déflagrations ont fait vibrer les vitres de l'appartement d'un journaliste de l'AFP habitant le nord de la ville.
Interrogée par l'AFP, une habitante de la capitale se rassurait un peu plus tôt en pensant que les bombardements "ne visent pas les immeubles ordinaires", mais plutôt "les commissariats, les mosquées, les sites militaires". "Mais imaginez: un commissariat est touché au bout de votre rue. Toutes vos fenêtres volent en éclats. C'est ce que beaucoup de gens ont vécu", a-t-elle décrit.
Depuis le début de la guerre, "je n'ai assisté à aucun rassemblement festif", a rapporté auprès de l'AFP Mohmmad Kabir Nazari, un Afghan de 48 ans rencontré à la frontière avec l'Iran, où il vient de travailler pendant onze mois.
"Les gens ne faisaient que s'interroger sur quoi faire, où aller", a-t-il ajouté.
L'Iran, qui affiche sa détermination à continuer le combat, a désigné dimanche comme guide suprême l'ayatollah Mojtaba Khamenei, après la mort de son père dans des frappes israélo-américaines au premier jour de la guerre.
Mais l'héritier, dont l'épouse a aussi été tuée, n'a toujours pas été vu. Sans donner de précisions, la télévision d'État a mentionné qu'il avait été "blessé" au cours du conflit.
- Réunion du G7 -
Défiant les Etats-Unis et Israël, Téhéran rejette l'idée même d'un cessez-le-feu. "Nous pensons que l’agresseur doit être puni", a dit le président du Parlement iranien, l'influent Mohammad Bagher Ghalibaf.
L'armée iranienne continue de lancer des salves de missiles et de drones vers Israël et des pays voisins du Golfe, grands producteurs d'hydrocarbures abritant pour certains des bases américaines.
Des explosions ont ainsi encore été entendues mardi soir dans la capitale de Bahreïn, Manama, selon deux journalistes de l'AFP.
Mettant en garde contre une "guerre sans fin", le chancelier allemand, Friedrich Merz a déploré l'absence d'un "plan" américano-israélien pour arrêter le conflit.
Le président français Emmanuel Macron tiendra mercredi à 15H00 (14H00 GMT) une réunion des chefs d'Etat et du gouvernement du G7 sur "les conséquences économiques" de la guerre en Iran, notamment la "situation énergétique" et les "mesures pour les atténuer".
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G.Mancini--MJ