Israël vise encore Téhéran, le Hezbollah s'implique: les principaux développements
Au troisième jour de l'opération militaire américano-israélienne contre l'Iran, Israël continue de mener lundi des frappes "à grande échelle" sur Téhéran et vise également le Hezbollah pro-iranien, qui a pour la première fois dans le conflit envoyé des projectiles en Israël.
Plus tôt, le président américain Donald Trump a réaffirmé son objectif de "décapiter" le pouvoir iranien, dont les frappes de représailles ont fait des morts en Israël et dans des pays arabes du Golfe, qui se disent prêts à "défendre leur sécurité".
Voici les principaux développements du conflit:
- Israël frappe de nouveau Téhéran
L'armée israélienne a indiqué lundi continuer à mener des "frappes à grande échelle" à Téhéran "contre des cibles du régime terroriste iranien".
L'agence de presse iranienne Tasnim a pour sa part fait état d'explosions dans la capitale.
- Le Hezbollah s'implique
Le Hezbollah avait promis de "faire face à l'agression" américano-israélienne contre l'Iran après la mort de l'ayatollah Ali Khamenei. Le mouvement armé pro-iranien basé au Liban a mis ses menaces à exécution, affirmant lundi avoir tiré des missiles et des drones vers Israël, pour la première fois dans ce conflit.
L'armée israélienne n'a pas tardé à répliquer, annonçant frapper des cibles du Hezbollah "à travers le Liban". De fortes explosions ont été entendues à Beyrouth par un journaliste de l'AFP.
- Trump crie vengeance
Les Etats-Unis ont annoncé dimanche avoir perdu trois militaires, leurs premières pertes dans le conflit. Ce ne seront pas les dernières, a prévenu Donald Trump, qui a promis de "venger" leur mort.
Comme la veille en annonçant l'opération militaire, il a lancé un appel au peuple iranien: "Reprenez le pouvoir, l'Amérique est avec vous". Il a aussi pressé une nouvelle fois les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, de "déposer les armes" ou mourir.
"Quatre semaines ou moins": c'est l'estimation qu'il a donnée de la durée des opérations américaines, dans le quotidien britannique Daily Mail, sans toutefois fournir de détails sur son plan.
Il a aussi dit au New York Times qu'il avait "trois très bons choix" de candidats pour diriger l'Iran à l'avenir, sans dévoiler de nom.
- Pays du Golfe prêts à se défendre
L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman, les membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG), ont prévenu dimanche soir qu'ils prendraient "toutes les mesures nécessaires pour défendre leur sécurité".
Les Gardiens de la Révolution avaient déclaré plus tôt avoir lancé une nouvelle vague d'attaques "de grande envergure" contre "l'ennemi", qui a ciblé plusieurs pays du Golfe. Téhéran a assuré qu'il visait des bases américaines et non directement ses voisins.
Les Etats-Unis et des alliés arabes ont fustigé ces frappes comme relevant de l'"inconscience".
Elles ont fait au moins quatre morts et des dizaines de blessés depuis samedi dans les pays du Golfe.
- Le pétrole flambe
A l'ouverture des marchés (23h00 GMT dimanche), les prix du pétrole ont flambé, le baril de Brent de la mer du Nord prenant 13%, à cause des craintes de graves perturbations sur l'offre mondiale de brut.
La navigation dans le détroit d'Ormuz, située entre l'Iran et Oman et par lequel transite quelque 20% de la consommation mondiale de pétrole, est paralysée de facto. L'Organisation maritime internationale (OMI) a appelé les compagnies maritimes à "éviter" la région.
- L'appareil iranien frappé au coeur
Le quartier général des Gardiens de la Révolution a été détruit, selon le Pentagone. Les autorités iraniennes n'ont pas commenté.
Les médias iraniens ont toutefois confirmé la mort de plusieurs hauts responsables du pays, notamment le chef des Gardiens de la Révolution, le chef de l'état-major des forces armées et le ministre de la Défense.
Les frappes américano-israéliennes ont tué 48 "leaders" iraniens, selon Donald Trump, qui n'a donné aucun détail.
- "Aucune limite" pour l'Iran
Au lendemain de la mort de l'ayatollah Khamenei, le président iranien Massoud Pezeshkian a appelé à le venger en évoquant un "droit et un devoir légitime" face à une "déclaration de guerre contre les musulmans".
L'Iran ne se fixe "aucune limite" pour cette riposte, a indiqué le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, insistant sur le fait que le pays se défendait face à "un acte d'agression" des Etats-Unis.
- Localité israélienne endeuillée
Des missiles iraniens ont durement frappé le territoire israélien dimanche.
A Bet Shemesh, dans le centre du pays, un projectile iranien a tué neuf personnes qui se mettaient à l'abri, faisant 46 blessés. Onze personnes sont toujours portées disparues.
L'immeuble qui abritait cet abri public a été pulvérisé par l'impact, qui a projeté des blocs de béton assez gros pour détruire des voitures stationnées à 50 mètres de là.
En soirée, sept personnes ont été blessées dans la région de Jérusalem par des tirs, malgré l'interception de plusieurs projectiles.
- Hommages à Khamenei
Après les cris de joie ayant résonné à Téhéran samedi après la mort de l'ayatollah Khamenei, des milliers de personnes ont rendu hommage au guide suprême dimanche à Téhéran aux cris d'"A mort l'Amérique!", "A mort Israël!".
Des rassemblements du même type ont été signalés à Chiraz (sud) et Yazd (centre).
Au Pakistan voisin, au moins 17 personnes sont mortes dimanche dans des manifestations pro-iraniennes.
Bagdad a été le théâtre d'affrontements entre manifestants et police près de l'ambassade des Etats-Unis.
L.Cattaneo--MJ