L'Iran appelle à venger la mort de Khamenei
L'Iran a appelé dimanche à venger la mort du guide suprême, Ali Khamenei, tué dans l'attaque israélo-américaine lancée la veille, Donald Trump menaçant de frapper avec une force "sans précédent" si Téhéran continue ses frappes de représailles.
En riposte à la campagne israélo-américaine sans précédent, lors de laquelle plusieurs hauts responsables iraniens ont péri samedi, la République islamique a lancé des frappes tous azimuts contre plusieurs pays voisins, notamment ceux abritant des bases américaines, et Israël.
Le président, Massoud Pezeshkian, a déclaré dimanche que venger la mort du guide suprême était un "droit et un devoir légitime", fustigeant une "déclaration de guerre contre les musulmans".
"Nous brûlons les coeurs" des Etats-Unis et d'Israël, a-t-il aussi dit.
- "Mort à l'Amérique" -
Des milliers de personnes se sont rassemblées dans le centre de Téhéran, certaines en larmes, brandissant des drapeaux iraniens aux cris de "mort à l'Amérique", "mort à Israël", selon un journaliste de l'AFP sur place.
Même slogans à Chiraz, la grande ville du sud, où une foule a appelé l'armée à "venger" la mort du guide suprême, selon l'agence de presse Tasnim.
Dans la nuit, la nouvelle de la disparition de celui qui a dirigé l'Iran d'une main de fer durant près de 37 ans avait aussi été accueillie à Téhéran avec de la musique depuis des fenêtres et par des acclamations dans les rues, selon des vidéos vérifiées par l'AFP.
"Nous sommes dans la rue et nous célébrons la nouvelle", a déclaré à un journaliste de l'AFP basé à Paris une habitante quadragénaire de Téhéran, tandis que des cris de joie étaient entendus en arrière-fond.
Alors que les Etats-Unis et Israël ont dit qu'ils continueraient leurs frappes, plusieurs explosions ont été entendues dans la matinée dans la capitale, ont rapporté des journalistes de l'AFP, peu avant que l'armée israélienne dise frapper "au coeur de Téhéran".
D'abord annoncée par M. Trump, la mort d'Ali Khamenei a été confirmée par la télévision d'Etat iranienne.
Après de premières menaces de représailles des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, M. Trump a prévenu sur sa plateforme Truth Social: "S'ILS LE FONT, NOUS LES FRAPPERONS AVEC UNE FORCE SANS PRECEDENT!".
Il a jugé que le peuple iranien tenait là sa "plus grande chance" de "reprendre" le contrôle du pays.
- "Revenir à la raison" -
L'Iran a mené dimanche pour la deuxième journée consécutive des frappes sur les monarchies du Golfe, proches alliés des Etats-Unis, qui ont fait au moins deux morts aux Emirats arabes unis.
Des journalistes de l'AFP ont entendu de nouvelles explosions à Dubaï, aux Emirats arabes unis, ainsi qu'à Doha et à Manama. Oman, médiateur dans les négociations reprises début février entre l'Iran et les Etats-unis, a été ciblé pour la première fois dimanche.
L'armée iranienne a affirmé avoir visé "avec succès des bases américaines dans les pays du Golfe".
Des journalistes de l'AFP et des habitants de Ryad ont entendu de fortes explosions dans l'est de la capitale saoudienne. Une source ayant requis l'anonymat a fait état de frappes sur l'aéroport de Ryad.
Le conflit a entraîné l'annulation de plusieurs centaines de vols à travers le monde vers le Moyen-Orient.
Les Emirats arabes unis ont appelé dimanche l'Iran à revenir "à la raison".
A Téhéran, la transition du pouvoir sera assurée par un triumvirat composé de Massoud Pezeshkian, du chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejeï, et d'Alireza Arafi, un haut dignitaire religieux, membre du Conseil des Gardiens de la Révolution, selon un média d'Etat.
En Irak voisin, des centaines de manifestants tentaient dimanche de prendre d'assaut la zone ultra-sécurisée de l'ambassade des Etats-Unis à Bagdad, a constaté un journaliste de l'AFP.
La mort du guide suprême a été annoncée vers 21H30 GMT samedi par Donald Trump, depuis la résidence de Floride d'où il supervise cette campagne militaire qui pourrait changer la face du Moyen-Orient et pèse sur les approvisonnements en pétrole.
- Hors de "contrôle" -
Outre Khamenei, sept hauts responsables iraniens, dont le chef des Gardiens de la Révolution, Mohammad Pakpour, Ali Shamkhani, un conseiller du guide suprême, et le chef d’état-major de l'armée, Abdolrahim Moussavi, ont été tués, a confirmé la télévision d'Etat iranienne. Israël s'est prévalu d'avoir tué dès son attaque initiale un total de 40 hauts-gradés dont Ali Khamenei.
Comme il l'avait annoncé, l'Iran a aussi répliqué avec de nouvelles attaques contre Israël, selon la télévision d'Etat.
Selon les secours, 21 personnes ont été blessées à Tel-Aviv après une salve de missiles iraniens. Dimanche matin, les sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans plusieurs régions d'Israël.
Le Croissant-Rouge iranien a annoncé samedi la mort de plus de 200 personnes dans les frappes à travers le pays. Le pouvoir judiciaire a fait notamment état d'au moins 108 morts dans une école de filles, un bilan invérifiable de source indépendante.
En Israël, Benjamin Netanyahu a justifié l'opération qui "durera aussi longtemps que nécessaire" par la "menace existentielle" que fait peser selon lui l'Iran sur son pays.
Donald Trump a dit répondre à des menaces "imminentes" contre les Etats-Unis, liées à la fois au programme nucléaire et aux capacités de missiles iraniennes.
De hauts responsables américains ont accusé samedi les autorités iraniennes d'avoir lancé la reconstruction des sites nucléaires frappés en juin 2025 et d'exclure de discuter de leurs missiles balistiques, un point majeur d'inquiétude pour Israël.
L'Agence internationale de l'énergie atomique a annoncé dimanche une réunion extraordinaire lundi à Vienne.
D.Riva--MJ