La vague de chaleur régresse, des questions sur la préparation aux prochaines
La vague de chaleur d'une précocité inédite qui a frappé la France devrait toucher à sa fin durant le week-end, laissant sur son passage des préoccupations quant au niveau de préparation du pays aux prochaines canicules, à trois semaines du début de l'été.
La vigilance orange à la canicule ne concerne samedi plus que Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne, où jusqu'à 35°C sont attendus. Puis, dans la nuit de samedi à dimanche, "l'arrivée d'une masse d'air un peu moins chaude associée à un vent modéré va permettre le retour à une vigilance de couleur jaune", précise Météo-France dans son dernier bulletin.
L'ouest du pays est lui repassé en vigilance jaune, niveau qui concerne 24 départements à l'échelle nationale samedi matin, actant le recul des températures anticipé par les prévisionnistes. La carte nationale doit retrouver sa couleur verte dimanche après 06H00.
"Les plus fortes chaleurs se décalent sur l'est du pays qui était très relativement épargné par ce phénomène", a relevé Nemo Pawlowski, prévisionniste à Météo-France, au cours d'une conférence de presse vendredi.
- Orages -
Une quarantaine de départements vont connaître samedi une vigilance jaune aux orages de plus ou moins courte durée, contre 24 en vigilance jaune la veille, principalement sur la partie nord du pays, dont l'Ile-de-France, ainsi que sur une partie du sud-est du pays.
Sous l'effet d'un "dôme de chaleur" qui bloque l'air chaud venu d'Afrique du Nord, l'Europe de l'ouest a subi une vague de chaud inédite pour un mois de mai, avec des températures record enregistrées dans plus de la moitié du pays, selon Météo-France, qui a qualifié ce phénomène de "colossal".
Jeudi, le record de chaleur pour un mois de mai en France a été battu avec 37,8°C, en Charente.
Comme lors de chaque épisode de chaleur, la question de l'impréparation de la France au réchauffement climatique s'est posée toute la semaine et plusieurs membres de l'opposition, d'ONG, et certains scientifiques ont mis en avant les failles françaises.
Ce d'autant qu'il est "fort probable" que la France expérimente de nouvelles vagues de chaleur cet été, a affirmé jeudi Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France, tout en précisant que cette vague "ne présage en rien de la suite de l'été".
La France a présenté en mars 2025 son plan national d'adaptation au changement climatique doté d'une cinquantaine de mesures: un fonds d'indemnisation pour les catastrophes, la protection des travailleurs en cas de fortes chaleurs, des travaux sur les transports, l'agriculture... Le gouvernement a annoncé en février avoir enclenché 80% des mesures.
- Pas à la hauteur -
"Le plan n'est pas encore à la hauteur des enjeux", affirme toutefois auprès de l'AFP Vincent Viguié, économiste spécialisé dans le climat et l'environnement au Centre international de recherche sur l'environnement et le développement (CIRED), selon qui "c'est un plan qui pose beaucoup de diagnostics mais il y a très peu de mesures, notamment de mesures budgétées".
Le gouvernement a défendu son action, après une réunion jeudi lors de laquelle le Premier ministre Sébastien Lecornu a fait passer le message, selon des participants, que ce n'était pas à l'Etat de tout gérer - le bâti scolaire, par exemple, relève des collectivités.
Le ministre délégué à la Transition énergétique Mathieu Lefèvre a lui estimé, lors d'une visite d'un internat rénové à Aix-en-Provence, qu'"il fa(llait) aussi poursuivre notre adaptation aux changements climatiques" au-delà des situations d'urgence, rappelant qu'un "effort extrêmement important" a déjà été fait.
Mais les difficulté d'adaptation se sont traduites cette semaine par des annulations de trains de la SNCF entre Paris et le Sud-Ouest ainsi qu'entre Bordeaux et Marseille par crainte de pannes de climatisation, ainsi que par la mise à l'arrêt de six lignes de tramway à Bordeaux vendredi matin en raison d'une coupure de courant.
Des écoles et des crèches ont aussi été contraintes de fermer, notamment à Paris et dans les Landes, du fait des températures dans les classes.
L.Brambilla--MJ