Monaco Journal - Attentat dans les Yvelines : le profil psychiatrique du suspect "ne change rien" au mobile "raciste" selon Nuñez

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Attentat dans les Yvelines : le profil psychiatrique du suspect "ne change rien" au mobile "raciste" selon Nuñez
Attentat dans les Yvelines : le profil psychiatrique du suspect "ne change rien" au mobile "raciste" selon Nuñez / Photo: Dimitar DILKOFF - AFP

Attentat dans les Yvelines : le profil psychiatrique du suspect "ne change rien" au mobile "raciste" selon Nuñez

Le profil psychiatrique du suspect de l'attaque des Yvelines ne change rien au fait que son acte soit un "attentat terroriste, raciste", a affirmé lundi le ministre de l'Intérieur, alors que la famille de l'homme tué s'interroge sur la décision de suspendre sa garde à vue.

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"Ce qui s'est passé à Trappes, c'est très grave. C'est un attentat terroriste raciste", a dénoncé Laurent Nuñez sur RMC/BFMTV: Kévin T. "était mu par la haine, le racisme, et il a tué pour ça".

Vendredi matin, à bord de sa voiture, cet habitant des Yvelines a abattu un Français de 26 ans d'origine africaine, Pengo Bossio Wangi, et en a blessé cinq autres, dont au moins quatre ayant des noms à consonance africaine ou maghrébine, à Trappes et La Verrière, selon une source policière. Parmi les blessés figure une adolescente de douze ans, qui est "tirée d'affaire", selon le maire de La Verrière, Nicolas Dainville.

La garde à vue de Kévin T., âgé de 39 ans, a été suspendue après un examen psychiatrique réalisé samedi soir. Il a été conduit à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris où il est placé en observation pour une période pouvant durer 48 heures.

"Celle-ci doit permettre d'apprécier si son état de santé psychiatrique est compatible" avec la poursuite de ses auditions, selon le Parquet national antiterroriste.

Le procureur de la République antiterroriste, Olivier Christen, s'exprimera devant la presse au tribunal judiciaire de Paris à 18H00.

Selon une source proche de l'enquête, l'homme suit un traitement médical pour schizophrénie, une maladie qui altère la perception de la réalité, les émotions et le comportement. Ses analyses sanguines ont révélé la présence de cannabis et cocaïne, d'après le Pnat.

- "Récurrence préoccupante" -

La famille de Pengo Bossio Wangi s'est étonnée, par la voix de son avocat, Yassine Bouzrou, de la suspension de la garde à vue du suspect pour raisons psychiatriques, car en pratique" ces cas sont "très rares". Me Bouzrou a évoqué une "récurrence préoccupante: lorsque l'attentat émane de l'extrême droite, la question psychiatrique s'impose très vite - l'auteur serait +forcément un déséquilibré+".

Au contraire, a insisté le ministre, cette mesure de suspension "arrive assez souvent, y compris sur des actes de terrorisme islamiste", et "ça ne change rien à la gravité de l'acte, au fait (que ce) soit un attentat terroriste, raciste", a insisté le ministre.

Les gardes à vue des quatre membres de l'entourage familial et amical de Kévin T. ont de leur côté été levées dimanche, a annoncé le Pnat. Parmi eux figuraient son père et sa mère, selon une source proche du dossier.

Me Bouzrou s'est également interrogé sur le suivi par les autorités du suspect, "détenteur d'armes de guerre" et "déjà connu des services de police et de la justice", n'excluant pas de "rechercher toute responsabilité administrative".

- "Responsabilité collective" -

Kévin T. "n'était pas connu des services" de renseignement, "ce qui arrive malheureusement dans beaucoup d'attentats terroristes", parce qu'"il y en a qui passent à l'acte subitement", a répondu le ministre.

"Ce(s) type(s) de profil(s) sont ceux qui nous inquiètent le plus", "des individus un peu isolés, qui sont nourris d'idéologie raciste, qui s'abreuvent des discours ambiants et qui soudainement passent à l'action", "ce qui est le plus difficile à détecter", selon M. Nuñez.

Un exemplaire de "Mein Kampf" d'Adolf Hitler a été retrouvé au domicile de Kévin T., selon une source proche du dossier.

Le nouveau chef des députés du Rassemblement national (RN) Sébastien Chenu a réfuté lundi toute "responsabilité collective", alors que la gauche accuse le parti d'extrême droite d'encourager par son discours un passage à l'acte.

Après ceux de samedi et dimanche à Trappes et à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), de nouveaux rassemblements sont prévus lundi en France à l'appel d'associations et syndicats en soutien aux victimes et pour "dénoncer la banalisation de la haine raciste".

La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a proposé une minute de silence dans l'Hémicycle.

Pour le Conseil représentatif des associations noires (CRAN), qui a annoncé qu'il se porterait partie civile aux côtés des victimes, l'attentat "n'est pas survenu dans le vide".

Les avocats de l'association, Mes Seydi Ba, Théodore Jean-Baptiste et Joanes Louis, pointent du doigt les propos tenus par des responsables politiques les jours précédents, comme Éric Zemmour qui, après les violences du 17 octobre, avait parlé d'une "horde de barbares maghrébins et africains" sur LCI.

M.Bernard--MJ