Monaco Journal - Macron en première ligne avec les lycéens et les forces de l'ordre

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Macron en première ligne avec les lycéens et les forces de l'ordre
Macron en première ligne avec les lycéens et les forces de l'ordre / Photo: Teresa Suarez - POOL/AFP

Macron en première ligne avec les lycéens et les forces de l'ordre

Après plus d'un mois de crise, Emmanuel Macron monte en première ligne vendredi : il reçoit les organisations lycéennes pour la première fois depuis le début de la contestation et va à la rencontre des forces de l'ordre, à la veille d'une nouvelle journée de mobilisations strictement encadrées.

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Un nouveau front sécuritaire s'est ouvert pour l'exécutif vendredi, après qu'un homme a tiré en rafales sur plusieurs personnes depuis sa voiture à Trappes et La Verrière (Yvelines), tuant une personne et en blessant au moins quatre, dont une enfant.

Le Parquet national antiterroriste (Pnat) a ouvert une enquête et retenu le mobile raciste. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez s'est rendu à Trappes en début d'après-midi.

Le chef de l'Etat avait présidé en début de matinée un conseil de défense, après les couvre-feux et interdictions de manifester prononcés cette semaine.

"On attend d'être enfin écoutés", a déclaré à l'AFP Marius Mesnil, un porte-parole de l'Union syndicale lycéenne (USL).

Sceptique, Pierre Sourzat, à la tête de l'organisation Les Lycéens, a dit s'attendre à ce que le président de la République fasse "semblant de nous avoir compris" et qu'il n'y ait "pas de suite".

Le gouvernement a promis de prendre en compte leurs doléances déposées sur une plateforme en ligne lancée début octobre.

En parallèle, le chef de l'État continue à mettre l'accent sur la fermeté. Il effectuera un déplacement auprès des forces de l'ordre, selon l'Élysée.

La réponse pénale aux violences "ne connaît pas d'équivalent", a martelé le ministre de la Justice Gérald Darmanin, annonçant 217 incarcérations après les violences et pillages qui ont touché de 2.000 à 3.000 commerces.

- 70.000 policiers et gendarmes -

Samedi, un "acte II" de manifestations est attendu dans toute la France.

"On est prêts", a assuré vendredi en fin de matinée Laurent Nuñez. "On ne laissera absolument rien passer."

Il a annoncé, lors d'une conférence de presse détaillant les moyens engagés, que 70.000 policiers et gendarmes seraient mobilisés.

Le ministre a accusé l'ultragauche et "l'extrême gauche radicale" d'avoir appelé à commettre des "exactions", en affirmant que des "casseurs" ont eux appelé à des pillages.

Les autorités ont cherché à limiter au maximum la mobilisation en n'autorisant que celles organisées par des syndicats.

Les rassemblements de samedi ont été interdits à Lyon. A Marseille, une manifestation syndicale a finalement été autorisée.

Les restrictions à répétition sont jugées liberticides dans l'opposition, au point que La France insoumise a dénoncé une "fuite en avant autoritaire".

Dans la capitale, où un seul cortège a été autorisé entre Bastille et Nation, la Ville a appelé la population "à la plus grande vigilance". Le préfet de police de Paris a demandé aux commerçants de recourir "s'ils le peuvent à la sécurité privée".

Le président du réseau des chambres de commerce et d'industrie en France (CCI France), Alain Di Crescenzo, leur a conseillé de "laisser faire la police".

Pour cette nouvelle journée, les forces de l'ordre, dépassées le 17 octobre, seront 20 % plus nombreuses que la semaine dernière, a assuré le gouvernement.

Elles seront épaulées par les militaires de la force Sentinelle, des unités d'élite de la police et de la gendarmerie, comme le Raid, le GIGN ou la BRI, ainsi que des hélicoptères et des blindés.

Autre point de tension du week-end, le congrès du Rassemblement national à Orléans samedi et dimanche : 20.000 à 30.000 militants anti-RN sont attendus samedi, dont le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, et la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet. Près de 3.000 membres des forces de l'ordre seront déployés. Laurent Nuñez y est attendu vendredi.

- Le spectre de la dette -

Jeudi, à l'issue d'une réunion organisée à Matignon avec les principaux partis politiques, la gauche a de nouveau critiqué l'absence de réponse politique de l'exécutif aux revendications.

Mais les marges de manœuvres financières du gouvernement restent limitées, en pleine préparation d'un budget 2027 très serré et avec des finances publiques dans le rouge.

L'image dégradée d'une France en proie aux violences continue d'avoir des conséquences directes sur les marchés financiers : le taux d'emprunt à 10 ans poursuit sa course au-delà des 5 %, une première depuis 2002, illustrant la crainte des investisseurs sur la capacité de l'État français à rembourser.

L'agence de notation Moody's pourrait abaisser la note de la France ce vendredi, selon une majorité d'économistes, ce qui pourrait encore renchérir le coût de la dette.

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C.Neri--MJ