Une juge américaine suspend les publicités pro-Trump financées par l'argent public
Une juge américaine a ordonné dimanche soir à l'administration Trump de suspendre toute publicité télévisée payée par les contribuables et promouvant l'action du président républicain, à trois semaines des élections de mi-mandat.
La décision fait suite à une plainte d'organisations de défense des droits civiques et d'un syndicat. Elle a été rendue peu avant la dernière diffusion prévue des spots incriminés.
Donald Trump était accusé depuis fin septembre par l'opposition de faire de la "propagande" illégale après la diffusion d'une publicité télévisée vantant son action, financée par de l'argent public, à l'approche des élections législatives du 3 novembre.
La juge fédérale new-yorkaise Jennifer Rochon a exigé de l'exécutif américain qu'il "annule ou fasse annuler tout créneau" de diffusion "y compris pour la soirée" et lui a donné 24 heures pour prouver qu'il s'était conformé à cette ordonnance.
Le gouvernement ne devra pas "conclure, renouveler ou étendre un quelconque accord autorisant le développement, la création, le placement ou la diffusion à l'antenne des publicités contestées", stipule la magistrate dans sa décision.
Les plaignants, qui avaient saisi la juge jeudi, se sont félicités de la célérité avec laquelle celle-ci a "agi pour empêcher que davantage d'argent des contribuables serve à une propagande politique manifestement illégale".
"Aucun fondement juridique - ni aucun précédent - ne permet au président d'utiliser au service de son propre agenda l'appareil d'Etat et des fonds alloués par le Congrès à d'autres fins", a déclaré l'organisation Democracy Forward qui représente les plaignants.
Le président républicain était notamment apparu dans un court clip en noir et blanc diffusé, selon des médias américains, pendant des matchs de football américain.
La publicité le montrait le visage dur, marcher silencieux face à la caméra dans un couloir, tandis qu'en fond sonore passaient des extraits de discours dans lesquels il s'en prenait aux "va-t-en guerre", aux "communistes" et aux "mondialistes".
A la fin de cette vidéo de trente secondes ouvrant sur les mots "Ceci est la dernière bataille" apparaissait au bas de l'écran l'incrustation suivante : "Payé par le gouvernement américain."
La campagne avait suscité les critiques de l'opposition démocrate et des réserves également dans le camp républicain.
La polémique a amené Donald Trump à assurer la semaine dernière qu'il financerait désormais lui-même ses publicités de campagne. La Maison Blanche ne prévoit toutefois pas de rembourser l'argent public auparavant déboursé à cet effet.
M.Bernard--MJ