La France face à sa deuxième vague de chaleur en moins d'un mois
Pour la deuxième fois en trois semaines, une vague de chaleur étouffe des millions de Français, avec 61 départements en vigilance orange canicule et autant en risque "élevé" d'incendies mardi, alors que la sécheresse conduit à des restrictions d'eau dans plusieurs régions.
Selon Météo-France, l'indicateur thermique national (moyenne de températures diurnes et nocturnes enregistrée dans une trentaine de stations de référence) a atteint 25,8°C lundi, après 23,6°C samedi et 24,5°C dimanche. Soit plus de 23,4°C durant trois jours d'affilée, l'un des critères définissant une vague de chaleur.
C'est la deuxième de l'année, après celle survenue durant la deuxième quinzaine de juin, et la 53e depuis 1947, dont plus de la moitié ont eu lieu après 2010, signe du réchauffement climatique.
Ce nouvel épisode "sévère et durable", selon l'institut de prévisions, va faire grimper le thermomètre entre 35 et 38°C mardi sur la plupart du pays, avec des pointes de 38°C à 41°C dans le Sud-Ouest.
Seuls les Hauts-de-France, les côtes de la Manche et la façade est de l'Hexagone sont épargnés par ces températures suffocantes "nécessitant une vigilance particulière, notamment pour les personnes sensibles ou exposées", souligne Météo-France.
C'est le cas des plus âgés et des plus jeunes. À Grenoble mardi matin, Nathalie Pothin, assistante maternelle, a conduit avec ses collègues une dizaine d'enfants dans un parc équipé d'un brumisateur. "On essaie de les rafraîchir comme on peut, on achète des piscines, on les met dans l'eau et puis voilà. Ça fait 2-3 ans que ça se fait. Je pense qu'il faut s'habituer malheureusement", estime-t-elle.
- "Inquiet" -
"Cette nuit, j'ai eu beaucoup de mal à dormir, c'était dur, j'ai eu très, très chaud", raconte à l'AFP Élias, 14 ans, attablé avec son père et son petit frère à une terrasse ombragée d'Anglet (Pyrénées-Atlantiques).
Dans leur appartement à Boucau, la température monte beaucoup. "Le petit s'est mis à vomir, subitement, à 3H00 du matin", ajoute son père Mohamed, intérimaire de 51 ans, "inquiet" pour la suite de l'été.
Comme lors des précédents épisodes de canicule, le travail en extérieur doit s'adapter. À Rennes, où le mercure doit atteindre 36°C en fin d'après-midi, Albert Briand, égoutier, a vu ses horaires modifiés. Fin juin, "on commençait à 6H. Maintenant, c'est 7H00-14H30 et ça va sans doute durer tout l'été", précise-t-il.
Malgré ces précautions, cette chaleur inhabituelle "tire sur l'organisme", souligne le sexagénaire. "C'est souvent après la vague de chaud que l'organisme accuse le coup. On se sent plus fatigué."
Ces très fortes chaleurs, couplées à une sécheresse grandissante, font craindre de nombreux incendies, alors que celui des Pyrénées-Orientales a parcouru près de 5.000 hectares et entraîné l'évacuation de 12.000 personnes, et qu'un feu s'est étendu à 1.400 hectares dans la Drôme.
Selon la Météo des forêts, le risque est très élevé" mardi dans les Deux-Sèvres, le Vaucluse et l'Essonne, et "élevé" dans 61 autres départements. En Lozère, un incendie déclenché à la suite de travaux agricoles a brûlé 200 hectares de végétation. En Bretagne, plusieurs feux d'artifice prévus pour les festivités du 14 Juillet sont d'ores et déjà annulés.
- Restrictions d'eau -
La tendance à la baisse des nappes phréatiques, dès avant le torride mois de juin, a conduit de nombreuses préfectures à restreindre les usages de l'eau pour les particuliers et professionnels, y compris pour l'irrigation agricole dans les départements en situation de crise, comme dans le Limousin.
Alors que la vague de chaleur de juin avait déclenché un feu de critiques dans l'opposition, l'Assemblée nationale a repoussé lundi une motion de censure déposée par les Écologistes contre le gouvernement de Sébastien Lecornu, auquel ils reprochent d'avoir "aggravé" les "vulnérabilités du pays".
Le changement climatique causé par les émissions de gaz à effet de serre d'origine humaine a pour conséquence de rendre les épisodes de chaleur plus fréquents et plus intenses.
Un premier pic de chaleur précoce, entre le 21 et le 30 mai, a été suivi d'une vague de chaleur d'une intensité exceptionnelle entre le 17 et le 30 juin, avant l'épisode actuel.
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A.Vincent--MJ