Devant ses actionnaires, le PDG de TotalEnergies défend son rôle incontournable face aux crises
Le PDG de TotalEnergies a défendu vendredi devant un partenaire d'actionnaires majoritairement aux anges le rôle incontournable du groupe pour assurer la souveraineté énergétique de la France et l'Europe, face aux critiques des militants environnementaux et de la gauche qui veulent imposer une surtaxation de ses "super-profits" liés à la guerre au Moyen-Orient.
Devant quelque 500 actionnaires réunis vendredi à la tour TotalEnergies à La Défense, près de Paris, le PDG a défendu "les excellents" résultats de son groupe au coeur des polémiques depuis l'annonce de ses bénéfices au 1er trimestre de 4,96 milliards d'euros en hausse de 51% sur un an, qui ont relancé le débat sur l'opportunité de taxer les "superprofits".
"TotalEnergies n'a pas à s'excuser de réussir", a lancé le PDG dans son discours largement consacré à la crise énergétique et à la stratégie de transition énergétique du groupe vers plus d'électricité.
Au-delà des performances financières, le PDG a souligné "la contribution directe de TotalEnergies à la souveraineté énergétique de notre continent européen et de la France", grâce à ses importations de pétrole et de gaz, ses raffineries qui produisent du carburant, et sa production d'électricité.
"Notre conviction est claire il n'y aura pas de souveraineté européenne sans acteur énergétique capable d'investir dans le temps long et (...) notre compagnie s'inscrit résolument dans ce projet", a-t-il déclaré.
- Le pétrole restera cher -
Pour le PDG, le pétrole restera cher même après la guerre, et donc "il est clair que de nombreux États vont se tourner vers leurs énergies domestiques, vers l'électrification, les énergies renouvelables", a-t-il souligné, en assurant que "TotalEnergies sera au rendez-vous" de l'énergie du "XXIe siècle".
"TotalEnergies maintient le cap (...) et continue à investir de façon importante pour faire en sorte que (...) l'électricité, représente 20% de nos ventes d'énergie à horizon 2030", a-t-il ajouté.
En contraste avec les louanges et les bravos lancés par plusieurs actionnaires, à l'extérieur, le groupe reste sous le feu des critiques des défenseurs du climat qui lui reprochent d'aggraver le réchauffement climatique du fait de ses activités dans le gaz et le pétrole et de revenir sur ses objectifs de neutralité carbone en 2050.
"TotalEnergies n'est en effet pas en position de formuler un objectif +net zéro+", a reconnu le PDG plusieurs fois interpellé par des actionnaires sur la question climatique.
Cela supposerait "que l'entreprise soit capable de disposer d'un plan de transition compatible avec une trajectoire de réchauffement à +1,5 degré, alors que les experts, estiment, pour la très grande majorité, que cet objectif n'est plus atteignable", a expliqué le PDG. Mais "cela ne traduit ni un recul, ni une baisse de notre ambition", a-t-il assuré.
- "Projets mortifères" -
Dès 10H00 du matin, à l'extérieur, une trentaine de militants d'associations environnementales tenus à distance de la tour TotalEnergies, avaient installé un pipeline en carton alimenté en faux billets sur le parvis du quartier d'affaires de La Défense. Ils dénonçaient "les projets mortifères de TotalEnergies en Afrique" et ont réclamé "la taxation des super-profits" réalisés par le géant pétrogazier, à l'appel d'Attac, Avaaz, 350 et Action Justice Climat Paris.
Ils ont été suivis un peu plus tard par une trentaine de militants communistes qui ont déployé une banderole appelant à la "nationalisation de Total", a constaté l'AFP.
Sur le fond, les actionnaires convoqués à cette assemblée générale somme toute classique ont voté à une écrasante majorité (97,59%), l'extension de la limite d'âge de la fonction de président de 70 à 75 ans, et celle de directeur général de 67 à 70 ans.
Une façon "de pouvoir, dans la durée, faire les transitions" quand se posera la question de la succession de Patrick Pouyanné au-delà de 2030, a expliqué le PDG qui occupe les deux fonctions depuis 2014.
Aujourd'hui âgé de 62 ans, il a été reconduit en 2024 pour 3 ans.
Une autre résolution votée à plus de 99% a approuvé la nomination du directeur général de Société Générale Slawomir Krupa en qualité d'administrateur indépendant.
R.Santoro--MJ