Stellantis va investir un milliard d'euros pour produire des véhicules électriques à Mulhouse, annonce Macron
Stellantis "va investir plus d'un milliard d'euros" pour produire, à partir de 2029, une "nouvelle génération de véhicules électriques" sur son site de Mulhouse, dans l'est de la France, a annoncé mardi Emmanuel Macron devant les entreprises françaises appelées à accélérer "l'électrification" des usages.
"C'est un véritable avenir industriel que nous offrons à ce site de Mulhouse", a déclaré le chef de l'Etat en réunissant une "équipe de France de l'électrification", avec les acteurs privés, à l'Elysée. "Ceci nous permet d'aborder avec confiance la hausse de la production de véhicules électriques en France", a-t-il ajouté.
Stellantis n'a donné aucune précision supplémentaire, dans l'attente d'annonces "officielles", alors que les syndicats se sont félicités de ce projet qui garantit l'avenir du site. Un comité social et économique (CSE) du site de Mulhouse est prévu jeudi matin, a indiqué à l'AFP le délégué syndical CFDT, Ronald Laventin.
"Nous travaillons avec nos parties prenantes, en premier lieu les partenaires sociaux, sur l'avenir de nos usines, y compris celle de Mulhouse", a seulement commenté le groupe.
Une annonce de ce type doit d'abord être faite aux partenaires sociaux en comité d'entreprise avant toute communication officielle, faute de quoi l'entreprise commettrait un délit d'entrave.
L'affectation d'un nouveau véhicule à l'usine Stellantis de Mulhouse (4.000 salariés) était très attendue par les employés, car ce site, l'un des cinq sites automobiles de Stellantis en France, était le seul, avec celui de Poissy près de Paris, à ne pas avoir obtenu l'attribution d'un nouveau modèle.
"Pour nous c'est une très bonne nouvelle parce qu'on n'a jamais vu une somme aussi énorme ces dernières décennies sur aucun site en France", a déclaré à l'AFP M. Laventin (CFDT).
"C'est une très bonne nouvelle d'avoir un milliard d'euros d'investissements pour garantir une belle durée de vie de notre site avec des véhicules électriques ou multi-énergies. C'est un signal fort aussi pour les salariés de Mulhouse, pour leur dire que leur avenir est assuré pour quelque temps", a-t-il ajouté.
Actuellement le site "tourne en petites cadences, on est en demi-équipes, ça va être comme ça pendant trois ans. Sauf qu'avec l'annonce de ce projet, ça va ramener des équipes qui travailleront au projet et en 2029 on aura un véhicule tout neuf et on sera opérationnels".
La production actuelle, de quelque 135.000 véhicules par an, n'a "jamais retrouvé les niveaux de 200.000 véhicules annuels d'avant-Covid", avait souligné Laurent Gautherat, délégué syndical CFE-CGC du site mulhousien et secrétaire du CSE central du groupe Stellantis, au quotidien L'Alsace le mois dernier.
Dans l'attente de l'affectation d'un nouveau véhicule, la ligne d'assemblage du site mulhousien tournait en demi-cadence à 30 véhicules par heure, avait souligné le syndicaliste. Le site avait même été arrêté avec quelques jours de chômage technique fin octobre 2025 en raison du ralentissement des ventes.
Ce nouveau véhicule devrait faire partie des 60 lancements annoncés la semaine dernière par le directeur général Antonio Filosa, qui a aussi annoncé des investissements de 60 milliards d'euros sur cinq ans.
Des dépenses d'un milliard pour la production d'un véhicule recouvrent à la fois des dépenses de recherche et développement et tous les frais liés à la production, souligne un expert du secteur.
La CFE-CGC, premier syndicat de Stellantis, a réclamé "des annonces concrètes auprès des organisations syndicales" et a aussi demandé des précisions sur les conséquences industrielles et sociales de l'annonce d'Antonio Filosa prévoyant une réduction des capacités de production de 800.000 unités en Europe.
"Ces points doivent être clarifiés sans délai lors du comité central du 18 juin", réclame le syndicat.
M.Bernard--MJ