Wall Street sur la défensive, résultats d'entreprises et Moyen-Orient pèsent
La Bourse de New York évolue en baisse jeudi, préoccupée par un cumul de résultats d'entreprises décevants et un regain de nervosité au Moyen-Orient, où le bras de fer entre les Etats-Unis et l'Iran se poursuit.
Vers 13H50 GMT, le Dow Jones cédait 0,40%, l'indice Nasdaq lâchait 0,28% et l'indice élargi S&P 500 perdait 0,12%.
La veille, pourtant, la place américaine avait terminé largement dans le vert, s'offrant même un double record, sans se préoccuper d'une nouvelle hausse des prix du pétrole.
"La volatilité est là pour durer", prévient Eric Clark, d'Accuvest Global Advisors.
"Ce marché a connu une forte hausse. Aujourd'hui, il a peut-être simplement besoin de reprendre son souffle", tempère Patrick O'Hare, de Briefing.com.
Les nouvelles en provenance du Moyen-Orient ne sont pas vraiment rassurantes.
Le nombre de franchissements du détroit d'Ormuz, qui cristallise toutes les attentions en raison de son enjeu central pour le marché pétrolier, a chuté depuis dimanche en raison des restrictions imposées par l'Iran et les Etats-Unis, selon des données compilées par l'AFP.
Donald Trump a déclaré jeudi avoir ordonné à la marine américaine d'"abattre et tuer tous les bateaux" posant des mines dans le détroit.
Déminer ce passage pourrait prendre six mois, a estimé le Pentagone, selon des révélations publiées mercredi par le Washington Post.
Aucune avancée n'a été annoncée concernant la tenue de nouvelles discussions de paix entre l'Iran et les Etats-Unis, en dépit de la prolongation unilatérale de la trêve par Donald Trump.
En parallèle, la saison des résultats bat son plein.
Si "elle a donné un élan positif" aux actions ces derniers jours, "une certaine déception s'est fait sentir cette nuit après la publication des résultats de Tesla", relève David Morrison, de Trade Nation.
Le spécialiste des véhicules électriques a réalisé des résultats supérieurs aux attentes au premier trimestre qui ont convaincu le marché, provoquant une hausse temporaire de l'action dans les échanges après clôture.
Mais ses perspectives de dépenses ont été sanctionnées.
Tesla devrait débourser 25 milliards de dollars cette année pour financer la construction d'usines pour différents produits, contre 20 milliards auparavant estimés.
Et rien de bien concret a filtré sur ses progrès en matière d'autonomie des véhicules sans supervision, au coeur des priorités du groupe et des investisseurs.
Vers 13H50 GMT, le titre cédait 1,64% à 381,17 dollars.
Le groupe informatique américain IBM (-9,91% à 226,90 dollars) était lui aussi à la peine, après avoir laissé inchangé ses prévisions pour l'année malgré un premier trimestre meilleur qu'attendu.
L'éditeur de logiciels ServiceNow (-13,88% à 88,76 dollars) perdait pied malgré un bond de 22% de son chiffre d'affaires au premier trimestre (sur un an). Son bénéfice net a peu augmenté sur la période et l'entreprise a indiqué avoir fait face à "des vents contraires" en provenance du Moyen-Orient, où la guerre a retardé la conclusion de certains contrats.
Dans son sillage, Adobe cédait 7,26% et Oracle 4,14%.
Côté indicateurs, les inscriptions hebdomadaires au chômage sont ressorties un peu au-dessus des attentes, mais "il faut reconnaître que les demandes restent très faibles par rapport aux normes passées", selon Samuel Thombs, de Pantheon Macroeconomics.
Sur le marché obligataire, le rendement à dix ans des emprunts de l'Etat américain, l'échéance de référence, se détendait très légèrement, à 4,29% contre 4,30% à la clôture la veille.
C.Durand--MJ