Arc: environ 250 licenciements secs sur 700 suppressions de postes, selon le repreneur
Il y aura environ 250 licenciements secs chez le verrier Arc, sur 700 suppressions de postes, a annoncé mardi son repreneur Timothée Durand lors d'un déplacement du ministre délégué à l'Industrie Sébastien Martin dans sa principale usine à Arques (Pas-de-Calais).
"Environ 250 personnes devront partir de manière contrainte", a déclaré M. Durand, dont le projet de reprise a été validé vendredi par le tribunal de commerce Tourcoing (Nord) et qui deviendra en avril le nouveau propriétaire et PDG du groupe.
"C'est malheureux, et j'ai une vraie pensée pour ces personnes aujourd'hui", a ajouté M. Durand lors d'un bref point presse aux côtés du ministre.
Le reste des suppressions de postes se fera via des départs volontaires. Au total, les effectifs à Arques passeront de 3.500 à 2.700 salariés.
Ce redimensionnement du site est nécessaire pour que l'entreprise redevienne "profitable très rapidement", a de nouveau justifié M. Durand. Après cette phase de "stabilisation", la deuxième étape de son plan passera par "beaucoup d'innovation pour monter en gamme progressivement et être plus compétitifs sur les marchés que nous visons", a-t-il souligné.
Sébastien Martin s'est félicité mardi que ce "fleuron industriel" ait trouvé un repreneur, qui plus est issu d'une famille de dirigeants emblématiques de ce groupe bicentenaire, prochainement rebaptisé "Verrerie Arc 1825". Il a qualifié l'offre de M. Durand de "courageuse et audacieuse".
L'Etat est "aux côtés de tous les salariés" d'Arc non repris, a assuré le ministre, citant "une mission spéciale" mise en place par France Travail et un dispositif de "rebond industriel" pour aider les entreprises locales à accélérer leur développement, afin de créer des emplois.
"Il y a déjà un peu plus de 110 emplois liés à des investissements industriels" qui ont été identifiés au niveau du bassin d'emploi local, a souligné M. Martin.
Arc, un des principaux producteurs mondiaux de verres pour les arts de la table, a été fragilisé par la flambée des coûts de l'énergie et de l'inflation, mais aussi l'intensification de la concurrence asiatique.
Interrogé lundi par l'AFP, Frédéric Specque, délégué CGT chez Arc, estime cependant que tout n'a pas été fait pour maximiser le nombre de départs volontaires.
Dans certaines catégories professionnelles dans l'usine, les demandes de départs volontaires excèdent le nombre de suppressions de postes prévues: "ça veut dire qu'on va faire rester des gens qui veulent partir" et à l'inverse, "on va faire partir des gens qui auraient voulu rester", a déploré le syndicaliste.
F.Petit--MJ