Tentative d'extorsion envers Saad Lamjarred: son accusatrice relaxée, du sursis pour cinq prévenus
Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé vendredi une femme accusant de viol le chanteur marocain Saad Lamjarred, jugée pour avoir tenté de lui extorquer trois millions d'euros pour revenir sur son récit, et condamné cinq autres prévenus.
Laura P., 30 ans - absente vendredi - a comparu pour avoir "demandé à Saad Lamjarred, par l'intermédiaire de son manager, de verser la somme de trois millions d'euros pour retirer ses accusations de viol ou ne pas se présenter à l'audience devant la cour d'assises", a rappelé le président du tribunal Alain Alcufrom.
Aujourd'hui âgé de 40 ans, le chanteur - absent également - a été condamné en première instance à six ans de prison par la cour d'assises de Paris en 2023, reconnu coupable d'avoir violé et frappé en 2016, dans une chambre d'hôtel, Laura P., rencontrée dans une boîte de nuit parisienne.
Les faits présumés de tentative d'extorsion se sont déroulés entre octobre 2024 et juin 2025, soit peu de temps avant la tenue du procès en appel à Créteil de l'affaire de viol.
Cette audience avait été renvoyée en raison des investigations sur la tentative d'extorsion.
Aucun élément intentionnel "ne démontre" que Laura P. "était prête à revenir sur ses déclarations dans le but de favoriser un acquittement", a jugé le tribunal qui l'a relaxée des deux chefs de "tentative d'extorsion" et "association de malfaiteurs".
Les cinq autres prévenus - dont la mère de Laura P., une avocate et une influenceuse - ont également été relaxés sur ce deuxième chef mais pas sur le premier.
Des peines allant de deux ans à six mois de prison avec sursis ont été prononcées à leur encontre.
La peine la plus lourde concerne l'avocate, Aissatou F., - la seule prévenue présente vendredi - assortie d'une interdiction d'exercer le métier pendant dix ans avec exécution provisoire.
"Vous avez sciemment utilisé votre compétence juridique au service d'un projet que vous saviez parfaitement illégal", a martelé le président.
En octobre 2024, Aissatou F. avait contacté Laura P. en lui disant "défendre la cause des femmes" et vouloir l'aider à obtenir un "règlement financier" dans cette affaire. La victime et sa mère l'avaient rencontrée à Paris et lui avaient communiqué le dossier.
Quelques semaines plus tard, Aissatou F. s'était présentée auprès du manager de Saad Lamjarred comme "Aïda", une amie de la famille de Laura P.
Méfiant, le manager avait enregistré la conversation.
L'entourage de Lamjarred ne donnant pas suite, un autre homme se présentant comme un ami de la famille de Laura P., avait contacté directement le chanteur pour le relancer. Celui-ci avait alors porté plainte, déclenchant l'ouverture d'une enquête.
R.Martini--MJ