Monaco Journal - Le Nobel à deux Américains pour leurs modèles permettant de stabiliser les fluctuations de l'économie

Euronext
AEX 0.4% 1135.49 €
BEL20 0.65% 5490.22 €
PX1 0.38% 7832.88 €
ISEQ 1.6% 14123.86 €
OSEBX 0.13% 2071.11 kr
PSI20 0.47% 9311.49 €
ENTEC -0.41% 1416.23 €
BIOTK 0.42% 3963.16 €
N150 0.32% 4197.08 €
Le Nobel à deux Américains pour leurs modèles permettant de stabiliser les fluctuations de l'économie
Le Nobel à deux Américains pour leurs modèles permettant de stabiliser les fluctuations de l'économie / Photo: Jonathan Nackstrand - AFP

Le Nobel à deux Américains pour leurs modèles permettant de stabiliser les fluctuations de l'économie

Le prix Nobel d'économie a récompensé lundi les Américains Michael Woodford et Robert Hall pour leurs modèles visant à stabiliser les fluctuations économiques lors de crises.

Taille du texte:

Stimuler ou ralentir l'économie au bon moment peut apporter de la stabilité et nous permettre d'éviter des récessions prolongées ou une inflation hors de contrôle, a expliqué le comité Nobel.

Grâce aux modèles élaborés par les deux lauréats, "des mesures budgétaires et monétaires prises au bon moment peuvent atténuer les hauts et les bas de l'activité économique", a-t-il indiqué.

Dès les années 1970, les crises pétrolières ont révélé l'instabilité des liens entre inflation, chômage, revenu et consommation, rendant les politiques de stabilisation issues du modèle keynesien inopérantes.

Robert Hall et Michael Woodford ont commencé, chacun de leur côté, à explorer de nouveaux modèles permettant de gérer des récessions et d'autres crises auxquelles les outils traditionnels ne répondaient plus.

Ils ont choisi de construire leurs modèles sur une base microéconomique, c'est-à-dire en étudiant comment l'ensemble des ménages et entreprises influencent l'économie, a expliqué le jury.

Un aspect fondamental de cette approche est de comprendre que les ménages se projettent dans l'avenir lorsqu'ils prennent leurs décisions.

- "Révélation" -

La manière dont les gouvernements et les banques centrales communiquent leurs politiques peut donc avoir un impact sur la façon dont les individus perçoivent l'avenir.

"Grâce à ces modèles, nous sommes mieux armés pour faire face aux chocs économiques, tels que les crises énergétiques ou les changements soudains dans le niveau de consommation des ménages", a salué John Hassler, président du comité du prix en sciences économiques.

Né en 1955, Michael Woodford s'est dit "ravi" de cette récompense. "C'est un immense honneur. C'est une surprise, mais ça me fait vraiment plaisir", a-t-il réagi, joint par le comité Nobel, au moment de l'annonce.

De son côté, Condoleezza Rice, ancienne secrétaire d'Etat américaine et directrice de l'Insitution Hoower de l'Université Stanford, dont dépend M. Hall, a considéré le prix accordé à l'économiste de 83 ans, comme "un immense honneur largement mérité, qui vient couronner une carrière remarquable, nous sommes très fiers de l'appeler notre collègue.

Tout a commencé quand Robert Hall a présenté une nouvelle façon de voir les choses. Selon lui, les variations de la consommation ne peuvent être prédites, car dépendantes de nouvelles informations, et donc par nature imprévisibles. Il publie les résultats de sa recherche dans un article en 1978. Cela a "constitué une véritable révélation pour la recherche", a expliqué le comité Nobel.

Plus tard, en 2003, M. Woodford présente, sur la base de cette hypothèse, un modèle macroéconomique néo-keynésien complet.

Parmi leurs applications concrètes, M. Woodford a cité la crise financière de 2008 lorsque les instruments traditionnels de la politique monétaire étaient insuffisants pour résoudre le problème de la reprise de l'activité économique.

"La recette classique, dans un tel cas cas, serait de baisser les taux d'intérêt (...) afin de stimuler la demande", a-t-il exposé. Mais fin 2008, début 2009, les taux d'intérêt étaient déjà tombés à zéro et il était difficile de les faire baisser davantage.

"Et pourtant le chômage restait très élevé, et la dépense globale dans les économies était manifestement trop faible, et elle l'est restée pendant encore plusieurs années", a ajouté le professeur à l'Université de Columbia.

Par conséquent, de nombreuses banques centrales ont fini par "formuler des déclarations plus explicites sur la trajectoire probable future de leur politique de taux d'intérêt, plutôt que de compter simplement sur la possibilité de baisser immédiatement les taux davantage".

Un changement qui a contribué à une meilleure politique de stabilisation, selon M. Woodford.

Toutefois "le type d'orientation prospective qui était utilisé dans les années ayant immédiatement suivi cette crise était certainement quelque chose qui ne fonctionnerait plus aujourd'hui", a-t-il souligné auprès de l'AFP.

Ce prix est annoncé dans le contexte d'une économie américaine fragilisée, le président américain Donald Trump multipliant les pressions sur la Réserve fédérale (Fed) pour qu'elle baisse les taux, qu'elle a relevé pour lutter contre l'inflation.

Officiellement "prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel", la récompense a été créée en 1968 et décernée pour la première fois l'année suivante. C'est le dernier de la saison des Nobel.

G.Bonnet--MJ