Monaco Journal - Aubagne : un principal de collège et une enseignante blessés au fusil, un élève interpellé

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Aubagne : un principal de collège et une enseignante blessés au fusil, un élève interpellé
Aubagne : un principal de collège et une enseignante blessés au fusil, un élève interpellé / Photo: Miguel MEDINA - AFP

Aubagne : un principal de collège et une enseignante blessés au fusil, un élève interpellé

Un adolescent de 14 ans a ouvert le feu au fusil de chasse lundi dans son collège d'Aubagne, blessant le principal de l'établissement et une enseignante avant d'être désarmé, une fusillade qui ne semble pas liée au mouvement qui secoue les lycées français.

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L'attaque s'est produite vers 10H00 dans l'enceinte du collège Joseph-Lakanal de la commune située à proximité de Marseille. Le pronostic vital des victimes n'est pas engagé, ont assuré les autorités.

"Le collège n'était pas touché par le mouvement lycéen", a précisé la préfecture de police des Bouches-du-Rhône. Selon cette source, une troisième personne a été légèrement éraflée.

Selon le préfet du département Jacques Witkowski, présent sur place, "le suspect, pour une raison qu'on ne connaît pas, a tiré sur le proviseur qui a pris une gerbe de plombs de chasse dans les cuisses, le bas du dos".

"Il a tiré une deuxième fois sur une professeure qui prend un plomb dans la cuisse, il tire une troisième fois dans le couloir, ensuite il a été intercepté par un membre de l'équipe", a-t-il dit à l'AFP.

C'est le conseiller principal d'éducation (CPE) de l'établissement qui l'a désarmé dans le couloir, selon la mairie.

Le tireur est un élève du collège "scolarisé en classe de troisième, il n'est pas connu pour des faits de délinquance, de radicalisation", assure le préfet.

"Ne faisons pas d'amalgame" avec le mouvement lycéen en cours, a déclaré le Mouvement national lycéen (MNL) des Bouches-du-Rhône, exprimant son soutien aux victimes.

- "Venu que pour les profs" -

Sarah, une élève de 3e, raconte à l'AFP qu'elle était en cours d'espagnol lorsque "l’alarme incendie a été déclenchée. On est sorti en courant et on tombe sur lui. Il commence à tirer et il dit : +Je suis venu que pour les profs, pas pour les élèves. De toute façon, les profs font chier+".

Le suspect était dans sa classe l'an dernier et elle le décrit comme "un élève perturbateur, qui avait beaucoup de rapports mais s'en fichait (...) il n'obéissait pas aux profs". D'autres témoins parlent d'un élève qui "avait l'air calme".

Le tireur a pénétré dans l'établissement avec son arme dissimulée dans un étui de guitare, selon le parquet de Marseille, qui a ouvert une enquête pour "tentative d'assassinat".

Les ministres de l’Intérieur, Laurent Nuñez, et de l'Éducation nationale, Edouard Geffray, sont attendus sur place dans l'après-midi.

Le chef d'établissement est âgé de 53 ans et l'enseignante de 37 ans, selon la mairie d'Aubagne.

Dès les faits connus, des parents d'élèves ont afflué devant l'établissement, en périphérie de la ville, ont constaté des journalistes de l'AFP.

- "Sang partout" -

Maryline, mère d'élève venue chercher sa fille de 5e, confie : "Elle m'a appelée en panique, elle m'a dit : +Il y a du sang partout, c'est un attentat+. J'ai quitté mon travail".

Plusieurs attaques commises par des élèves dans des établissements scolaires ont marqué le monde éducatif en France ces dernières années. Des mesures de renforcement des contrôles de sacs aux abords des établissements avaient été prises par le gouvernement. La question de la santé mentale des jeunes a été également mise en avant.

"L'équipe précédente du collège avait refusé la sécurisation de l'établissement. Le nouveau principal nous avait demandé de le faire", selon la présidente divers-droite du département (chargé des collèges) des Bouches-du-Rhône, Martine Vassal. Elle s'est engagée à "faire les sécurisations de la dizaine de collèges qui restent dans le département, que le chef d'établissement le veuille ou ne le veuille pas".

A Ancenis (Loire-Atlantique), une élève de seconde a été grièvement blessée lors d'une attaque au couteau dans un lycée en avril. A Sanary-sur-Mer (Var), une enseignante de collège a été poignardée par un élève dans un collège en février.

L'an dernier, des élèves ont commis des agressions mortelles sur une surveillante à Nogent (Haute-Marne) et une adolescente dans un lycée de Nantes.

L.Cattaneo--MJ