Monaco Journal - Le dirigeant catalan Carles Puigdemont peut rentrer en Espagne après des années d'exil

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Le dirigeant catalan Carles Puigdemont peut rentrer en Espagne après des années d'exil
Le dirigeant catalan Carles Puigdemont peut rentrer en Espagne après des années d'exil / Photo: Cesar Manso - AFP

Le dirigeant catalan Carles Puigdemont peut rentrer en Espagne après des années d'exil

Près de neuf ans après sa fuite en Belgique, l'indépendantiste catalan Carles Puigdemont peut rentrer en Espagne, après la levée mardi du mandat d'arrêt le visant dans l'enquête sur la tentative de sécession de la Catalogne, une décision qu'il a saluée comme une "victoire" politique.

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"La décision (du Tribunal suprême à Madrid, ndlr) oblige à mettre fin à la période de répression politique que nous subissons depuis plus de neuf ans", s'est réjoui Carles Puidgemont, 63 ans, lors d'une brève allocution depuis Waterloo, sa résidence officielle en Belgique.

Face à la presse, le dirigeant catalan, qui a évoqué un jour "très particulier", n'a toutefois donné aucune précision sur la date et les modalités de son retour en Espagne, alors que va y débuter la campagne électorale pour les législatives anticipées du 29 novembre.

Depuis son départ précipité d'Espagne fin octobre 2017, quelques jours après la proclamation par le Parlement catalan de l'indépendance de la Catalogne qui avait provoqué une crise politique inédite avec Madrid, M. Puigdemont n'a passé que quelques heures dans le pays au cours d'une visite éclair en 2024, sans que les forces de l'ordre ne parviennent à l'interpeller.

"En termes de relations entre la Catalogne et l'Espagne, rien n'est résolu aujourd'hui", a-t-il prévenu dans son discours, pour signifier que son combat politique en faveur d'une Catalogne indépendante était loin d'être terminé, malgré ces années passées à l'étranger.

- "Regarder vers l'avenir" -

Personnage-clé du second mandat du Premier ministre socialiste Pedro Sánchez, puisque les voix de son petit parti (Junts per Catalunya) avaient permis d'investir le dirigeant socialiste en 2023 en échange de la loi d'amnistie pour les dirigeants catalans, Carles Puigdemont aura finalement dû attendre la toute fin de ce mandat pour pouvoir bénéficier de ce texte.

C'est en effet au lendemain de la convocation par Pedro Sánchez d'élections anticipées que le Tribunal suprême a levé son mandat d'arrêt, après la validation par le Tribunal constitutionnel de l'application de la loi d'amnistie, y compris pour détournement de fonds, le délit qui étayait encore jusqu'à présent cette mesure.

En conférence de presse, Pedro Sánchez s'est félicité d'une nouvelle qui, selon lui, permet à la Catalogne de "regarder vers l'avenir".

"Nous nous réjouissons qu'avec cela nous contribuions également à aider la société catalane, comme elle l'a réclamé tout au long de cette période", a-t-il ajouté.

Tout en déclarant "respecter" la décision du Tribunal suprême, son rival du Parti populaire (PP, droite) Alberto Núnez Feijóo, a de nouveau fustigé la loi d'amnistie, évoquant une "tromperie".

"Vendre des faveurs en échange du pouvoir doit être sanctionné dans les urnes. L'Espagne mérite, ENFIN, un gouvernement qui remette au premier plan la vérité, la loi et l’égalité de tous les Espagnols", a-t-il dénoncé sur X.

- Vifs débats -

En pleine tentative de sécession inédite en 2017, M. Puigdemont, alors président de la Catalogne, avait fui vers la Belgique, évitant ainsi d'être arrêté comme d'autres membres de son gouvernement.

La loi d'amnistie, qui avait suscité de vifs débats dans la société espagnole et avait été vivement critiquée par l'opposition de droite, a été définitivement votée par le Parlement espagnol en mai 2024.

Cette mesure était la contrepartie que Pedro Sánchez avait dû accepter pour être reconduit à la tête du gouvernement fin 2023 grâce au soutien indispensable des partis indépendantistes catalans, dont Junts.

Le Tribunal suprême à Madrid avait toutefois considéré que la loi n'était pas applicable aux personnes poursuivies pour détournement de fonds publics, empêchant jusqu'à présent le retour de M. Puigdemont.

La justice européenne a validé en juillet cette loi controversée, qu'elle a décrite comme un instrument destiné à "réduire les tensions institutionnelles et politiques et à favoriser un climat de réconciliation".

F.Gentile--MJ