Les chaleurs extrêmes vont gagner du terrain, des incendies toujours actifs
La troisième canicule en deux mois en France gagne du terrain avec neuf départements de l'Ouest en vigilance rouge vendredi et plus d'une vingtaine samedi, des chaleurs extrêmes amenées à persister au moins jusqu'en milieu de semaine prochaine tandis que les incendies se multiplient à travers le pays.
Vingt-quatre départements du quart nord-ouest de la France, du Morbihan à la région parisienne, seront placés en vigilance rouge canicule samedi, a annoncé Météo-France vendredi, et 56 autres en orange.
Vendredi, outre les neuf départements de l'Ouest en vigilance rouge, 72 sont en orange, indique l'organisme, qui prévoit dans l'après-midi "38 à 40°C du Poitou-Charentes au sud des régions Pays-de-la-Loire et Centre-Val de Loire". Et anticipe entre 36 et 38°C ailleurs sur la moitié nord.
Seuls la Corse, la Côte d'Azur, le nord et quelques départements de montagne seront épargnés par les températures extrêmes.
"La canicule se prolonge jusqu'en milieu de semaine prochaine au moins, même si un début de baisse des températures semble s'amorcer sur la façade ouest du pays mardi ou mercredi", avertit Météo-France.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu préside à partir de 10H00 une cellule interministérielle de crise.
- "Plan Orsec chaleurs extrêmes" -
Pour répondre à ce troisième épisode caniculaire en moins de deux mois, le gouvernement a déclenché un "plan Orsec chaleurs extrêmes qui n'existait pas par le passé" dans les départements en vigilance rouge, a annoncé la porte-parole du gouvernement.
Le plan prévoit l'ouverture de "centres dédiés, des centres de protection, des centres de rafraîchissement" à destination des "personnes vulnérables", en particulier les personnes âgées mais aussi "les sans-abris", a détaillé Maud Bregeon.
Le gouvernement a essuyé de nombreuses critiques pour son impréparation face aux chaleurs extrêmes et une importante surmortalité a d'ores et déjà été enregistrée ces dernières semaines, en particulier chez les personnes âgées de plus de 75 ans.
Les canicules à répétition sont un marqueur sans équivoque du changement climatique, principalement causé par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz, ont montré les climatologues.
Le Haut Conseil pour le climat (HCC) a rappelé jeudi que les politiques climatiques françaises restent "insuffisantes", aussi bien sur la décarbonation que l'adaptation.
Jeudi, la température moyenne calculée par Météo-France dans l'Hexagone a été de 27°C. Elle devrait augmenter dans les prochains jours et se rapprocher du record historique de 30°C enregistré les 24 et 25 juin, au pic du deuxième épisode caniculaire.
- "La chaleur du bitume" -
Agriculteurs, ouvriers du BTP, éboueurs... De nombreux travailleurs en extérieur souffrent.
A Niort (Deux-Sèvres), après un mouvement de grève l'été dernier, les éboueurs de la collectivité peuvent travailler en short, "pour avoir de la ventilation sur le bas des jambes", explique Mickaël Billy, délégué CGT Territoriaux, en attendant de nouvelles tenues adaptées. Ils débutent leur journée à 05H00 pour la finir peu après midi.
"Avec la chaleur du bitume, les odeurs et le souffle extrêmement chaud qu’on a à l’arrière de la benne quand s’enclenche le système de nettoyage des filtres à particules, les conditions sont difficiles", explique Mickaël Billy.
Autre conséquence de la canicule couplée à la sécheresse: le front des incendies reste actif, alimenté parfois par le vent.
Dans la Drôme, le feu a ravagé 3.700 hectares, selon un bilan des pompiers vendredi matin. Jeudi, environ 400 personnes ont été évacuées de manière préventive, dont 350 dans un camping entouré d'une pinède situé au bas du versant du massif de Justin qui fait face à la ville de Die.
En Dordogne, la préfète Marie Aubert a enjoint vendredi aux employeurs de "dégager du temps" pour leurs employés sapeurs-pompiers volontaires, conformément à la consigne passée par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.
Météo-France a placé vendredi un département en risque "très élevé" d'incendies et 63 autres à un niveau "élevé".
A.Vincent--MJ